Combien d'heures de sommeil sont nécessaires pour passer une bonne nuit ?
Le changement d'heure, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, peut rendre les nuits des Belges plus difficiles. À quoi ressemble une bonne nuit, pour un spécialiste du sommeil ? Réponse du Dr Fanielle, neurologue au CHU.

- Publié le 24-10-2026 à 18h01

"Ça va ?""Ouais, fatigué". Cette réponse est très courante, et pas seulement en période de changement d'heure. Pourquoi ? Est-ce qu'on dort suffisamment ?
Le Dr Julien Fanielle, neurologue au centre de médecine du sommeil (CMSA), explique que la durée nécessaire varie d'une personne varie d'une personne à l'autre. "Idéalement au moins 7-8 heures."
Il souligne la tendance générale à "rogner sur les heures de sommeil" : "Cette réduction est beaucoup plus forte depuis les dernières décennies, à cause de toutes les sollicitations : les écrans, les réseaux sociaux..."
"En un siècle, une diminution du temps de sommeil s'est vraiment marquée au niveau épidémiologique. Mais il est important de ne pas tomber dans une privation chronique."
Il y a un phénomène de dette de sommeil
"Le problème, c'est que souvent à force de dormir des nuits un peu trop courtes, la fatigue s'accumule."
À force de dormir des nuits un peu trop courtes, la fatigue s'accumule et déclenche une réaction de stress
Et l'accumulation de fatigue n'a pas seulement un effet sur votre humeur, mais elle active des mécanismes de compensation. "Cela déclenche une réaction du système nerveux sympathique, celui qui donne une réponse de stress (augmentation du rythme cardiaque, vigilance).
Le neurologue ajoute : "De plus, les personnes tentent de compenser en consommant des excitants, comme la caféine. Et ça aussi, c'est un problème."
Le nombre d'heures, mais aussi un horaire régulier
Outre la durée du sommeil, il est important d'avoir des horaires stables, "c'est-à-dire ne pas aller dormir à des heures à chaque fois décalées", précise le neurologue.
Les personnes qui travaillent à pauses – parfois la nuit, parfois le jour – ont un plus grand risque cardiovasculaire, risquent davantage de souffrir d'un syndrome des jambes sans repos.
Le manque de régularité dans leurs horaires de sommeil peut aussi provoquer des troubles métaboliques, impactant la digestion et la production d'hormones. Cela peut provoquer des maladies comme l'obésité ou le diabète.
La durée de sommeil nécessaire varie au cours de la vie
Le besoin de sommeil diminue avec l'âge : "Pour un adulte jeune, comptez plutôt 8 heures. Et à 60 ans, autour de 7 heures."
Mais le Dr Fanielle rencontre parfois des personnes de 65 ans qui disent avoir besoin de dormir plus qu'avant. "Généralement, c'est parce qu'ils ont un syndrome d'apnées du sommeil, ou des mouvements périodiques : des micro-réveils qui vont altérer la qualité du sommeil."
Votre montre connectée : un allié qui ne détecte pas tout
Si vous pensez que la montre connectée veille sur la qualité de vos nuits, sachez qu'elle ne détecte pas tout, selon le Dr Fanielle.
Un syndrome des membres sans repos peut parfois passer sous son radar : "La montre ne détecte pas forcément les petits chocs au niveau des bras ou des jambes. Mais si elle détecte de fortes variations de la fréquence cardiaque durant le sommeil, ça peut être le signe de ce syndrome."
En effet, les mouvements périodiques des membres induisent une augmentation de la fréquence cardiaque transitoire et de la pression artérielle, et ce "toutes les 30-40 secondes, chaque fois qu'il y a un mouvement des jambes."
Cette augmentation du rythme cardiaque peut aussi être liée à un événement respiratoire, une apnée. Et dans ce cas, si cela se répète toutes les 40 secondes durant la nuit pendant 2 à 3 heures, il faut consulter un spécialiste du sommeil. "Car ça augmente le risque d'hypertension artérielle sur le long terme."
