Un 15e pôle du logement en Entre-Sambre-et-Meuse ?
Quatorze pôles du logement vont être créés en Wallonie, pour rationaliser et restructurer l'offre d'habitations sociales. Un 15e sera-t-il consenti, en Entre-Sambre-et-Meuse ?
- Publié le 19-06-2026 à 17h35

C'est un point abordé par chaque conseil communal wallon en ce moment : il faut adosser chaque commune à un pôle du logement, qui organisera l'offre de logements publics dans sa zone à l'avenir.
Comme souvent en pareil cas, les communes du sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse se voient proposer deux choix qui ne les agréent pas : s'adosser à Charleroi ou à Namur.
"Nous sommes fort ennuyés, a expliqué le président du CPAS de Viroinval, en charge du Logement, Alain Bouko, en conseil ce mercredi soir. Normalement, nous devrions nous rattacher à Charleroi. Mais nous travaillons avec les Habitations de l'Eau Noire (Couvin) et avec l'Agence Immobilière Sociale de Dinant, qui doit être rattachée au pôle de Namur. Or, notre ruralité est bien différente, tant de Charleroi que de Namur."
La crainte est évidemment, comme cela se constate dans d'autres structures regroupées autour des métropoles, que les petits projets ruraux passent après les grands investissements à consentir en zone urbaine. Et que l'on perde en proximité.
Les élus locaux sont alors allés frapper à la porte des trois parlementaires wallons de la région, Grégory Chintinne, Christophe Bastin et Eddy Fontaine.
"Nous avons organisé une première entrevue le 20 mars, entre députés et responsables des agences des HEN et de l'AIS, détaille le député socialiste Eddy Fontaine. Nous avons partagé le même constat : les problématiques liées au logement ne sont pas les mêmes dans nos campagnes qu'à Namur ou à Charleroi. Et c'est le même constat du côté de l'arrondissement de Dinant. Nous nous sommes dès lors mis d'accord pour défendre l'idée de la création d'un pôle du logement propre à l'Entre-Sambre-et-Meuse, pour les arrondissements de Dinant et de Philippeville. En fusionnant les HEN et l'AIS, nous obtiendrions un parc de près de 1000 logements, ce qui est déjà conséquent."
Cette proposition a été transmise à la ministre Cécile Neven, porteuse de la réforme, lors d'une rencontre ce 19 mai.
"Elle a semblé ouverte à l'idée d'envisager la création de ce quinzième pôle spécifique à la région", croit comprendre Eddy Fontaine.
La ministre est plus nuancée
Ce dernier, justement, a invité la ministre à visiter les sociétés Stabilame et Brunet, à Mariembourg, ce vendredi.
À cette occasion, Cécile Neven s'est montrée moins franche sur le sujet :"J'ai proposé de fonctionner en 14 pôles pour la Wallonie. J'ai rencontré les acteurs de terrain et je recueille l'avis des communes, qui doit rentrer pour fin juin, a-t-elle expliqué. Pour l'instant, ce que nous demandons aux communes, c'est juste de dire si elles se sentent bien dans un pôle précis, ou non. Nous n'avons encore rien dépouillé et donc rien analysé.Mais notre objectif est de ne pas multiplier les pôles. Ces pôles ne sont que des délimitations géographiques où l'on déterminera des objectifs propres, en analysant les besoins à long terme, suivant les statistiques de l'IWEPS notamment. Combien faudra-t-il de logements de trois chambres, ou de deux? Actuellement, il n'y a pas cette anticipation dans la gestion des logements publics. J'analyserai donc cette demande dans le cadre d'une vision d'ensemble. Mais l'idée n'est pas de revenir à 62 pôles", ajoute-t-elle, en précisant qu'il ne s'agit pas là d'imposer des fusions de sociétés de logement, mais de créer des synergies.
Ce projet de pôle intersambriomosan, pour l'instant, n'inclut pas la Botte du Hainaut, dont les spécificités sont pourtant fort semblables.
