Le gouvernement De Wever divisé sur de gros dossiers: l'Arizona va devoir trancher ce samedi
Entre l'annualisation du temps de travail, le boycott des produits issus des colonies israéliennes et l'avenir de Belfius, la coalition Arizona se réunit ce matin pour tenter de débloquer une série de dossiers sensibles. Plongée dans les coulisses d'un Kern où l'avenir de chaque projet dépend du compromis des autres.

- Publié le 19-06-2026 à 18h20
- Mis à jour le 19-06-2026 à 18h25

Cinq partis. Cinq idéologies. Et pourtant, Vooruit, la N-VA, le CD&V, le MR et Les Engagés devront tenter de s'accorder ce samedi sur une série de dossiers sensibles.
Un conseil des ministres restreint – le kern – est programmé dans la matinée. Sur la table, plusieurs dossiers épineux qui divisent les partenaires de la coalition. Avec une particularité: certains sont étroitement liés les uns aux autres, au point que les blocages sur un dossier empêchent parfois toute avancée sur un autre.
Premier dossier: l'annualisation du temps de travail. L'accord de gouvernement prévoit l'introduction des "horaires accordéon". Ce système permettra aux travailleurs, qu'ils soient à temps plein ou à temps partiel, de répartir plus librement leurs heures de travail sur l'ensemble de l'année.
Ils pourront ainsi prester davantage d'heures durant certaines périodes et moins à d'autres moments, à condition qu'un accord soit conclu avec leur employeur.
Le projet de loi, porté par le vice-Premier ministre chargé de l'Économie, David Clarinval (MR), prévoit que les heures prestées en plus puissent soit être récupérées sous forme de repos compensatoire, soit être rémunérées.
Selon nos informations, un accord est "quasiment" bouclé depuis plusieurs semaines en vue d'une adoption en première lecture au Conseil des ministres, avant un examen par le Conseil national du travail. Le dossier reste toutefois bloqué du côté de Vooruit. Les socialistes flamands craignent certaines dérives, notamment pour les contrats à temps partiel à horaire variable.
Colonies israéliennes
Un dossier qui, du coup, en bloque un autre: le projet de loi visant à interdire l'importation de produits issus des colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens occupés. Porté par les ministres Clarinval et Jambon, le texte vise à mettre fin au commerce avec ces colonies jugées illégales. Un projet cher à Vooruit, au CD&V et aux Engagés.
Autre dossier qui devrait alimenter les discussions: la vente de 20% du capital de Belfius, détenu par l'État belge depuis 2011. Le MR refuse de valider cette opération si elle n'est pas couplée à un accord sur Ethias.
Les libéraux estiment que les 33% de parts détenues par le fédéral dans l'assureur, via la SFPIM, devraient être directement logés au sein de Belfius afin de maximiser la valorisation de la banque.
Pour rappel, Ethias appartient à 31,66% à l'État fédéral (via la SFPIM), à 31,66% à la Région flamande et à 31,66% à la Région wallonne via Wallonie Entreprendre.
Le dossier IVG…
À cela s'ajoute un autre dossier sensible, qui officiellement ne devrait pas figurer à l'ordre du jour: l'allongement du délai légal permettant une interruption volontaire de grossesse. Plusieurs partis de la majorité, dont Vooruit, plaident pour un allongement à 18 semaines, conformément aux recommandations des experts auditionnés sous la précédente législature. Le CD&V, opposé, a toutefois annoncé vouloir déposer un projet de loi prévoyant un passage de 12 à seulement 14 semaines de grossesse. Une initiative qui a provoqué une bronca au Parlement.
Le texte d'Annelies Verlinden, présenté à la presse avant toute discussion au sein du gouvernement, prévoit également une réduction du délai d'attente obligatoire entre le premier rendez-vous et l'intervention, qui passerait de six jours à 48 heures, ainsi que des exceptions en cas de viol.
Problème: la commission Justice examinera mardi prochain des propositions de loi du PTB et d'Anders visant précisément cette réforme. Il ne fait guère de doute que l'attitude adoptée par les députés de la majorité face à ces textes sera, elle aussi, au cœur des discussions.
