Le Tournai d'avant : des surprises à l'église paroissiale Notre-Dame
Si l'église a disparu, les fenêtres basses du collétéral nord de la cathédrale (modernes car datant de 1951) témoignent de son existence passée.
- Publié le 24-10-2026 à 11h47

Le roi Henri VIII d'Angleterre veut un sanctuaire dédié aux paroissiens de Notre-Dame. Où ? là où s'allongent encore les vestiges du cloître canonial ; un bâtiment qui ne sert plus guère, les chanoines ayant abandonné peu à peu la vie communautaire.

Le cloître est vétuste, sans utilité pratique. Les bâtisseurs vont simplement démolir la partie contre le collatéral, combler une partie et percher l'église paroissiale par-dessus. Elle n'est pas achevée encore en 1525. C'est que les futurs utilisateurs se sont rendu compte d'un très gros problème : la différence de niveau entre l'église et la nef voisine est très importante et ce sera la cause de nombreux et onéreux travaux pour que les paroissiens du centre de la ville puissent partager leurs offices.

On n'hésite pas à modifier profondément le mur nord du collatéral cathédral qui sert au nouveau sanctuaire. De larges et hautes baies en plein cintre (visibles sur le cliché ci-dessus) y sont ouvertes en 1672. Mais en plus et dans un but identique, les fenêtres inférieures sont carrément raccourcies par le bas avec un glacis interne ; elles resteront ainsi jusqu'en 1951.
Le problème de niveau reste entier. Alors, en 1668, il est décidé de démolir le cloître, au moins ce qu'il en reste (son pignon ouest est toujours là) : le sol de l'église baisse de 1,10 mètre alors que le gothique remplace le vénérable roman.

Passons au XVIIIe. Le plafond est refait en style baroque et, en 1763, la toiture ancienne faite de sept petits toits correspondant à chaque travée de la cathédrale est remplacée par une autre, d'un seul versant. Qui, par sa hauteur, obstrue la moitié des baies de l'étage supérieur. Ce qui déplaît à tous ceux qui gardent le respect du beau.
Lesquels le font savoir et sont suivis par les esthètes de tous bords. On se remet à l'ouvrage en 1912 et ce, pour deux ans. Mais le résultat vaut la dépense à laquelle participe la Ville qui consent à payer 1/6e des frais, soit 21.861 francs. Devant le collatéral nord de la cathédrale s'étendent, dues aux plans de l'architecte C. Sonneville, de nouvelles et grandes (trop ?) sacristies et l'église retrouve ses sept petits toits. Pas de soucis durant la guerre de 1914-18 malgré les obus anglais mais l'église sera inendiée.
Faux-vieux
Après un rapide nettoyage des ruines, chacun se rend à l'évidence : le mur nord d'origine, avec ses sept grandes fenêtres gothiques, est debout, s'appuie toujours sur la base de ce fameux cloître et empêche une vision générale de la cathédrale.

En septembre 1946, la Commission des Monuments et Sites se réunit dans l'église Notre-Dame pour une décision finale sans appel : tout doit être démoli.
Ce sera fait. Seules, en souvenir, seront gardées près de la porte Mantile deux des baies raccourcies au départ. Les autres seront retaillées (1951) avec pour modèle leurs consœurs du sud. Depuis, passants et touristes s'enthousiasment face à la monumentalité sobre mais trompeuse de la face latérale Nord de la cathédrale.
Un fortin

Dans le cliché ci-dessus figure ce qui semble un fortin présent tant dans les ruines que lors de la libération de 1944. La Ville a bien fait creuser des tranchées mais qui possède des renseignements sur ce bunker dont les trois orifices de tir menacent les axes du carrefour ?