Procès El Aroud en appel: "Ce n'est pas du terrorisme", selon la défense
Les avocats de Malika El Aroud, Mes Marie-Fernande Motte de Raedt et Michel Graindorge, ont tenté mardi, devant la cour d'appel de Bruxelles, de démontrer que les actes de leur cliente ne pouvaient être assimilés à du terrorisme.
- Publié le 09-11-2010 à 15h48
Malika El Aroud comparaît en appel pour avoir dirigé un groupe terroriste lié à Al Qaïda. Au travers de son site internet, minbar-sos.com, elle aurait incité des activistes musulmans à partir s'entraîner dans les camps d'Al Qaïda basés dans le Waziristan, à la frontière pakistano-afghane. Elle aurait aussi servi de relais d'information pour les terroristes.
Ses conseils ont plaidé l'acquittement. Selon eux, rien ne prouve que Malika El Aroud ait aidé, de près ou de loin, à la perpétration d'attentats terroristes.
Ce que Malika El Aroud a fait, c'est appeler les musulmans à soutenir la lutte des Moudjahidines en Afghanistan, selon sa défense. Elle aurait certes appuyé le départ de certains pour rejoindre le Djihad, mouvement de résistance des musulmans en Afghanistan, mais elle ne les aurait pas incités à commettre des attentats.
Malika El Aroud avait été condamnée en première instance, en mai dernier, par le tribunal correctionnel de Bruxelles à 8 ans d'emprisonnement. Le procureur, Jean-Marc Trigaux, a requis à nouveau cette peine, lundi.
En première instance, Moez Garsalloaui, le mari de Malika El Aroud, avait aussi été condamné à 8 ans de prison, par défaut. Il serait toujours dans les camps d'entraînement au Waziristan et est recherché. Tout comme Hicham Bouhali Zriouil, qui avait été condamné à 5 ans de prison.
Hicham Beyayo qui était prévenu, comme Malika El Aroud et son mari, d'avoir été dirigeant d'une filière terroriste, avait écopé de 5 ans de prison.
Six autres prévenus avaient été condamnés en première instance avec ces quatre protagonistes et un dernier avait été acquitté. Parmi eux, Muhammed Bastin avait écopé de 40 mois de prison avec sursis pour avoir été membre de la filière et pour y avoir apporté une aide financière. Il est le seul, avec Malika El Aroud, a avoir fait appel de sa condamnation.
Me Graindorge a encore évoqué en plaidoiries le terrorisme d'Etat. "Qu'est-ce que le terrorisme? Tout dépend du point de vue duquel on se situe. Hiroshima, Nagasaki, n'était-ce du terrorisme?", a-t-il questionné.
La défense est aussi revenue sur le parcours de vie de Malika El Aroud, une "victime de son destin", selon ses avocats. Sa rencontre avec les hommes qui furent ses maris, des musulmans activistes, aurait notamment influencé sa vie empreinte du Djihad.
Ils ont encore exposé qu'à 51 ans leur cliente n'avait jamais été condamnée, mis à part à une peine de 6 mois de prison avec sursis par le tribunal fédéral suisse en 2007.
Malika El Aroud a pris la parole en dernier lieu pour proclamer à nouveau qu'elle n'avait aucun lien avec des terroristes.
Mercredi, les avocats de Muhammed Bastin prendront la parole pour sa défense, puis les débats seront clos.
