Trafic international de cocaïne avec des ramifications à Tubize: selon les avocats, des poursuites irrecevables
Vingt-deux prévenus identifiés, 116 ans de taule requis. Pour des avocats, poursuites irrecevables, erreurs de transcription, acquittements.
- Publié le 26-10-2026 à 22h07
- Mis à jour le 26-10-2026 à 22h08

Il fallait s'y attendre. Au troisième jour du procès consacré à un trafic international de cocaïne mis à jour grâce à l'application de messagerie cryptée Sky ECC, où de lourdes peines ont été requises (10 ans de prison ferme pour cinq dirigeants présumés), les avocats ont tenté de sauver leur client avec des arguments variés.
Le premier à prendre la parole a parlé de "carences de l'instruction (NDLR: 29 cartons)et de poursuites irrecevables" pour un homme (un Roumain âgé de 40 ans) qui, selon l'accusation, aurait "sciemment" et en pleine connaissance de cause prêté un véhicule utilisé pour le transport. Quatre ans ont été demandés ? Il doit être acquitté !
Même demande pour un Hollandais de 34 ans au casier judiciaire quasi vierge (une seule condamnation en 2020 pour… tapage nocturne) contre qui trois ans ont été requis, pour une seule prévention d'un vague absolu: avoir fait partie d'une association criminelle durant trois jours, du 13 au 18 mars 2022. Il fut contrôlé sur une aire d'autoroute de son pays natal, se rendit en Colombie (le pays de sa compagne de l'époque), et en France, au volant d'une camionnette utilisée "à une autre occasion" par un membre de la bande. Pour son avocat, ce n'est pas parce qu'il fut, à l'occasion, en contact avec deux autres prévenus que l'on peut lui imputer une volonté délibérée de participer à une organisation criminelle.
Actuellement incarcéré en Grèce, un Albanais de 45 ans domicilié en Hollande, est dans la mire du parquet (10 ans secs requis) qui le considère comme un des dirigeants. Son passé ne plaide pas en sa faveur. Il fut en effet condamné en Italie, en même temps que 14 autres prévenus, pour un trafic de stupéfiants limité au territoire de la péninsule. Le 4 octobre 2022, la justice italienne homologua un accord signé avec cet homme condamné pour… 250 grammes de cannabis. S'il est mis en cause ici, c'est sur base de conversations téléphoniques enregistrées dans deux véhicules. Son avocat a parlé de"tentatives assez déloyales de la police belge pour tracer le portrait du prévenu au départ d'une traduction non effectuée par un interprète".
Il est concerné par quatre conversations en langue étrangère de juillet à octobre 2023 qui, selon le conseil, sont l'objet de "flagrantes erreurs de transcription". L'homme fut en tout cas en relation téléphonique avec un autre prévenu considéré lui aussi comme dirigeant et qui est détenu, suite à une condamnation, à Rotterdam, pour des faits similaires. Ce dernier avait conçu le projet de créer, à Tubize, un laboratoire clandestin destiné à affiner les 667 kg de pâte de cocaïne espérés du port du Havre. Le labo fut installé et un chimiste engagé, mais il n'était pas compétent et il se révéla impossible de revendre le matériel. "Ce prévenu a été complètement dépassé", a conclu l'avocat, qui a aussi plaidé l'acquittement en parlant de "poursuites irrecevables".
Suite et fin des plaidoiries le 4 novembre.
