Budget: enfin la dernière ligne droite ?
Entre tensions politiques et désaccords persistants, l'Arizona cherche toujours une sortie des négociations budgétaires.

- Publié le 26-10-2026 à 21h49
- Mis à jour le 26-10-2026 à 21h51

Les discussions sur le budget fédéral, c'est un peu comme Les Feux de l'amour. À l'instar du célèbre feuilleton – que TF1 a décidé de déprogrammer après 37 ans d'antenne –, rater quelques épisodes n'empêche pas de retrouver facilement le fil des discussions, qui n'avancent qu'à très petits pas. Car si les tensions entre partenaires, les sorties sur les réseaux sociaux et les petites déclarations se multiplient, les négociations, elles, semblent faire du surplace. Et Bart De Wever, qui campe le rôle de Victor Newman, à savoir le patriarche autoritaire qui tente tant bien que mal de maintenir l'unité de sa famille "Arizona", semble avoir bien du mal à garder la maîtrise du scénario.
1. Une semaine décisive ?
On l'a déjà écrit: l'horloge tourne pour trouver un budget avec une trajectoire pluriannuelle permettant de réaliser un effort de dix milliards d'euros à l'horizon 2029. Or, pour faire voter un budget à la Chambre, un certain délai est nécessaire. Et si le gouvernement échouait à s'accorder, il pourrait alors commencer l'année 2027 sous le régime des douzièmes provisoires. Le Premier ministre, qui refuse un tel scénario, pourrait aussi proposer de faire voter un budget d'urgence, "limité" à l'année 2027, qui permettrait d'éviter d'aggraver l'endettement en limitant, par exemple, l'indexation des retraites, des traitements des fonctionnaires, des allocations sociales, des budgets de fonctionnement de l'État ou encore des barèmes fiscaux.
2.La hantise des "chameaux qui puent"
Le budget 2026 a laissé des traces. Notamment les réformes de la TVA, décidées en pleine nuit… puis retirées parce qu'elles étaient inapplicables. Des "chameaux qui puent", pour reprendre la comparaison de Bart De Wever. Mercredi dernier, Frank Vandenbroucke, vice-Premier ministre Vooruit, n'a plus voulu de négociations à la va-vite.
"Il faut bien gouverner. J'ai ici 78 pages de propositions détaillées qui n'ont jamais été abordées en kern ", a-t-il lancé aux journalistes.
Un coup de frein aux négociations budgétaires qui a "déçu" le président du CD&V, Sammy Mahdi. Ce dernier a souligné dimanche que la charge d'intérêts se chiffrait actuellement à 1 300 euros par Belge."Ce montant passera à 2 000 euros d'ici la fin de la législature, et même 3 000 euros en 2035 sans changement de cap."
Dans les rangs du gouvernement, certains se demandaient si Vooruit n'avait pas surtout voulu éviter que la conclusion d'un accord budgétaire ne vienne éclipser la sortie du livre de Conner Rousseau sur l'Europe. Avec une promotion durant laquelle le président des socialistes flamands a martelé son souhait "que des efforts supplémentaires soient demandés aux personnes les plus riches".
Dimanche, le vice-Premier ministre Maxime Prévot (Les Engagés) s'est, lui, fendu d'un long message sur les réseaux sociaux, défendant l'idée d'efforts"difficiles, mais nécessaires" en raison de la situation macroéconomique: "On n'a plus le luxe de chercher à être populaire."
Enfin, Georges-Louis Bouchez, le président du MR, a plaidé, quelques minutes plus tard, pour de grandes réformes "courageuses" afin de réduire un État devenu "obèse" et "inefficace": "Dire que la situation budgétaire est dramatique ou catastrophique doit amener à faire des réformes importantes dans les dépenses publiques", a-t-il précisé, en droite ligne avec son "niet" absolu à toute hausse structurelle de la TVA.
3. Un kern organisé ce mercredi ?
Hausse des taux de TVA sur certains produits, augmentation de la participation financière des patients chez les médecins, fiscalité sur les résidences secondaires… Les pistes ne manquent pas.
Ce lundi et ce mardi, des discussions étaient organisées entre les cabinets pour parcourir les différentes pistes et les projets de notifications. Si certains arbitrages doivent encore être réalisés mercredi matin en DAB (réunion des chefs de cabinet), un véritable kern réunissant le Premier ministre et les vice-Premiers ministres pourrait permettre aux cinq partenaires de négocier dans le dur. L'impossible équation va-t-elle enfin être résolue ? Comme dans Les Feux de l'amour, réponse au prochain épisode !
