Gare aux espoirs d'une élection-pivot
Un édito de Guillaume Barkhuysen

- Publié le 26-10-2026 à 21h10
- Mis à jour le 26-10-2026 à 21h11

Ce mardi 27 octobre, sept millions d'électeurs israéliens sont appelés aux urnes. Un scrutin suivi à la loupe à travers le monde, où la mosaïque de la société israélienne va, sauf énorme surprise, élire une Knesset à son image: profondément fragmentée.
Trois ans après les attaques terroristes du 7 octobre 2023 et la réponse militaire disproportionnée à Gaza qui s'en est suivie, l'État hébreu s'apprête-t-il à tourner une page décisive de son histoire ? Rien n'est moins sûr. La division de l'échiquier politique, l'ascension des mouvements radicaux et le traumatisme d'une nation hantée par le 7 octobre et sa sécurité constituent autant d'obstacles à un retour à la paix.
À cela s'ajoute que Benjamin Netanyahu n'a peut-être pas dit son dernier mot. Le leader du Likoud, malgré les scandales, les accusations de corruption et les défaillances sécuritaires, a pulvérisé les records de longévité de ses prédécesseurs, à commencer par David Ben Gourion. Une longévité qu'il doit notamment à son art de composer des coalitions hétéroclites, quitte à s'allier aux franges les plus extrémistes du sérail politique israélien.
L'éviction d'un dirigeant qui a méthodiquement torpillé la perspective d'une solution à deux États sonnerait comme un soulagement pour nombre d'observateurs. La bande de Gaza, transformée par Tsahal en champ de ruines, demeure un enfer où deux millions de civils survivent dans des conditions indignes. En Cisjordanie, le soutien décomplexé du gouvernement aux colons a rendu la situation intenable. Cette tragédie vécue par les Palestiniens ne peut laisser personne indifférent.
À l'heure du choix, les Israéliens pourraient décider de sortir leur pays du cycle infernal de la confrontation. Mais gare aux perceptions biaisées par notre regard d'Européens: un départ de Netanyahu ne signifierait pas pour autant le retour de l'esprit d'Oslo. Si certaines élections ont récemment suscité l'espoir par la défaite de l'extrême droite – comme celles ce weekend au Brésil et en Serbie -, d'autres alternances n'ont en rien infléchi les logiques nationalistes. Et sans une pression internationale accrue, notamment de la part d'une Union européenne dont les condamnations peinent à se traduire en actes, la situation au Proche-Orient risque de ne guère s'améliorer pour ceux qui subissent, chaque jour, l'injustice.
