Astérix & Obélix débarquent sur Netflix ce mercredi, Alain Chabat se livre : "65 ans après, ces personnages restent intéressants"
Astérix & Obélix : le combat des chefs sera disponible sur la plateforme Netflix ce mercredi 30 avril 2025. À cette occasion, Alain Chabat nous a accordé une interview dans laquelle il se confie sur ce "bonbon visuel". Le genre de série qui rassemble, de 7 à 77 ans.
- Publié le 28-04-2025 à 14h41
- Mis à jour le 28-04-2025 à 14h45

Par Toutatis, ils sont de retour. Astérix, Obélix et tous les habitants de l'irréductible village gaulois s'offrent une nouvelle aventure sous forme de série animée, qui débarque ce mercredi 30 avril 2025 sur Netflix. Aux commandes cette fois, un certain Alain Chabat. Plus de vingt ans après Mission Cléopâtre, le réalisateur a renoué avec l'univers de Goscinny et Uderzo, pour notre plus grand bonheur.
Alain Chabat, pourquoi avoir choisi l'album "Le combat des chefs" ?
C'est un album où les Gaulois sont vraiment en danger puisque le druide Panoramix s'est pris un menhir sur la gueule et est complètement cinglé. Les Gaulois n'ont donc plus de potion magique. Dramatiquement, c'est une super bonne base. Et puis c'est un album "village" là où j'avais déjà fait un album "voyage" avec l'Égypte.
Vous avez modernisé l'intrigue. Qu'est-ce que vous deviez absolument conserver ?
Il y a dans tous les albums, chez Goscinny, un petit discours sur ce qui se passait dans la société à l'époque en général. Parfois ça résonne. En l'occurrence il y avait déjà dans Le combat des chefs (sorti en 1966, NDLR) un discours sur l'occupation, la collaboration. Après, le combat du très petit contre le très grand, j'ai l'impression que c'est un combat universel. Mais ce n'était pas le point de focalisation. Nous, on était plus sur l'histoire d'amitié d'Astérix et Obélix.
Une amitié qui a été mise à mal et challengée par tout un tas de trucs. Le combat des chefs ça peut aussi être qui est le chef entre Astérix et Obélix. Il y avait un enjeu émotionnel qu'on avait envie d'explorer, en rigolade. Astérix et Obélix ça reste un truc de comédie, il ne faut jamais le perdre de vue.

Pourquoi ces deux héros sont-ils aussi intemporels selon vous ?
Je n'ai toujours pas de réponse à ça. Je trouve ça assez miraculeux que, 65 ans après, cet univers et ces personnages restent intéressants, marrants à explorer et populaires. Tous leurs défauts sont cool. Qu'ils soient de mauvaise foi ou colériques. Astérix a un côté petit coq, un peu fier. Ils ne sont pas du tout parfaits, c'est ça qui les rend attachants.
Vous explorez notamment un trait de caractère, une faille d'Obélix…
C'est une faille qui existe dans un album. Dans Astérix et le chaudron elle est évoquée à un moment de l'histoire. On ne l'a pas inventé mais ça nous a permis de développer un truc mignon sur Obélix. C'est vraiment un bonbon avec une force surhumaine, c'est un chou Obélix.

L'animation, ça ouvre des libertés ou ça complique les choses ?
Les deux. Il y a des choses qu'on peut se permettre en animation. Voir les vrais personnages en animation dessinés par Uderzo vivre, c'est génial. En live, il faut donner l'impression que ce sont eux avec des comédiens. Mais l'animation, c'est plus compliqué pour d'autres aspects, comme l'impro. Le studio français qui a fait l'animation à Toulouse a toujours été incroyablement réactif. Ils ont trouvé à chaque fois des solutions. Ça permet aussi pour celui qui fait la proposition de se demander : "est-ce qu'on va se faire chier pour cette blague ? Est-ce que ça vaut le coup de mettre en branle ce merdier ?" Ça challenge aussi l'écriture.
Le 30 avril sur Netflix. 5 épisodes de 30 minutes.
Influencés par Spider-Man
Couleurs acidulées, style clipesque et design de bande dessinée cohabitent joyeusement dans Le combat des chefs. "Il y avait une envie d'incorporer des hommages à l'album d'origine, explique Fabrice Joubert, le coréalisateur. Ça passait notamment par des références aux onomatopées. On a choisi une séquence pour avoir un terrain de jeu, pour vraiment s'amuser au niveau graphique. Il y avait d'autres éléments comme les fonds colorés, une référence à des cases de BD des années 60 où Uderzo n'hésitait pas à éliminer le décor pour mettre un aplat de couleur. On a toujours essayé d'être au plus proche du graphisme, de la stylisation de la bande dessinée originale."

"On s'est aussi permis d'aller dans des trucs pop, avec des influences diverses et variées, renchérit Alain Chabat. Le Spider-Man en animation a été un choc visuel parce qu'il y avait une espèce de mélange de 3D et 2D qui je trouvais ultra-cool. On s'est permis des petites promenades visuelles de temps en temps. C'était aussi l'idée de donner à regarder un bonbon visuel. Que ce soit une série familiale, et que ce soit très joli à regarder."
La magie Chabat intacte
Alain Chabat a raison quand il parle d'un "bonbon visuel". Astérix & Obélix : le combat des chefs est une petite merveille d'animation. Le genre de série qui rassemble, de 7 à 77 ans. Comme il l'avait fait pour Mission Cléopâtre, Chabat conserve l'esprit de la bande dessinée originale tout en la modernisant. Il s'en donne à cœur joie avec les jeux de mots autour des patronymes (Fastanfurious ou Metadata). Il introduit des références actuelles, mais ne dénature pas le côté bon enfant et tendre de la bande dessinée (contrairement à l'infâme Empire du milieu de Canet). On creuse des facettes de la personnalité d'Obélix et on retrouve toute la dynamique de ce duo si attachant.
Panoramix a peut-être perdu le secret de la potion magique qui donne une force surhumaine mais Alain Chabat n'a rien perdu des secrets de sa potion à lui. De l'humour second degré, de l'aventure, des trouvailles visuelles et de l'émotion. Une vraie réussite !