Début du procès de l'explosion de Liège: "Les trois experts ont les mêmes conclusions"
Dix ans après les faits, une chambre à trois juges a entendu les experts qui ont œuvré pour déterminer les causes de ce drame
- Publié le 07-09-2020 à 17h27

Ce lundi après-midi, une chambre correctionnelle à trois juges spécialement composée a entamé les débats concernant le dossier de l'explosion de Liège qui a coûté la vie à 14 personnes dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010.
Les débats ont débuté par l'appel du rôle des parties présentes puis l'audition des experts. Pour rappel, cet effroyable drame s'est déroulé à 1 h 48 alors que les habitants des lieux étaient profondément endormis. Une importante explosion due au gaz a soufflé l'immeuble situé au numéro 18 de la rue Léopold. Mais quelques heures plus tard, alors que certains habitants se trouvaient toujours prisonniers dans ce qu'il restait de leurs logements, les deux immeubles se sont écroulés comme des châteaux de cartes sur les victimes.
Après plus de dix années de procédure, le tribunal est entré dans le vif du sujet. L'examen de ce dossier est prévu pour une semaine entière. Quatre prévenus sont poursuivis devant le tribunal. Le propriétaire de l'immeuble du numéro 18, la partie prévention du Service Régional d'Incendie et deux employés de la ville de Liège du service santé publique sont prévenus dans cette affaire. En tout, 56 parties civiles se sont constituées dans cette affaire. Parmi ces parties civiles, on retrouve la ville de Liège.
Après l'appel des parties, le tribunal a entendu les experts. "Les trois experts ont les mêmes conclusions ", a indiqué un de ceux-ci. "L'explosion est due à une accumulation de gaz dans le faux-plafond du rez-de-chaussée de l'immeuble. L'explosion résulte d'une fuite de gaz naturel sous le plancher du premier étage qui s'est propagé vers le 1er étage où eu lieu l'explosion." Les experts ont rappelé qu'une odeur de gaz avait été sentie le 23 janvier 2010, quelques jours avant l'explosion. "Un sapeur-pompier a détecté du gaz le 23 janvier 2010. La fuite de gaz était avérée. Nous pouvons raisonnablement penser qu'il y avait une fuite de gaz le 23 janvier. Nous pouvons penser qu'il y a une relation entre cette fuite de gaz et l'explosion. "
Les experts ont rappelé que l'immeuble du numéro 18 avait été plusieurs fois épinglé et que des travaux auraient dû avoir lieu, mais le propriétaire n'y a jamais donné suite. "Il y a eu pas moins de 7 visites entre 2008 et 2009. Le 24 juin 2008, l'ILLE a fait un rapport qui demandait le contrôle par une personne agréée. Les nombreux moyens de préventions n'ont jamais été mis en œuvre. Ce qui a été demandé n'a pas été respecté."
En 1995, une conduite de gaz a été réalisé dans le faux-plafond du premier étage pour alimenter les 4e et 5e étages. Cela a été fait par une personne dont on ne sait rien. Les raccordements ont été réalisés de manière tout à fait bancale et dangereuse. L'endroit n'était pas ventilé." L'installation était affectée de vices graves. " L'explosion a été provoquée par une quantité de 12 à 15 m3 de gaz qui s'est accumulé pendant au moins quatre heures. Les experts ont estimé que l'explosion était due à une rupture de canalisation. "Les deux services de prévention ont décrété que ces installations n'étaient pas valables."
