"Une véritable montagne de paperasse" après un décès : seul un Belge sur trois sait par où commencer
Après la perte d'un proche, les familles doivent affronter une avalanche de formalités. Plus d'un Belge sur deux ayant déjà organisé des funérailles dit avoir rencontré des difficultés, ressort-il du baromètre funéraire DELA publié ce vendredi 19 juin 2026. En Wallonie, l'absence d'un système numérique intégré complique encore davantage les démarches.

- Publié le 19-06-2026 à 12h31
- Mis à jour le 19-06-2026 à 12h58

Perdre un proche, gérer les funérailles, prévenir la famille. Et, dans le même temps, affronter une avalanche de formalités administratives. Selon le dernier Baromètre funéraire de DELA, seuls 33 % des Belges savent réellement par où commencer lorsqu'ils sont confrontés à un décès.
Les chiffres témoignent de l'ampleur du problème. Plus de six Belges sur dix se disent mal informés sur les démarches à entreprendre. Dans le détail, 36 % estiment ne pas être vraiment bien informés et 26 % déclarent ne pas l'être du tout. Résultat : 58 % des personnes ayant déjà organisé des funérailles disent avoir rencontré un ou plusieurs obstacles administratifs.
Beaucoup de tâches à accomplir
"Déclarer un décès auprès des autorités compétentes, résilier des abonnements, des assurances ou des rendez-vous médicaux: autant de tâches à accomplir par les proches qui n'ont pas la tête à cela", souligne DELA.
Car derrière les obsèques se cache une longue liste de démarches: informer la banque, la mutuelle, les assurances, les organismes de pension, gérer les contrats d'énergie ou encore débloquer certains comptes bancaires. Autant d'étapes qui s'ajoutent au choc du deuil.
"En tant que proche du défunt, vous devez régler de nombreuses questions pratiques en peu de temps. Et ce, précisément à un moment où vous préféreriez prendre le temps de faire votre deuil et de faire vos adieux", explique Eric Schellebroodt, de DELA. "Cette pression administrative rend le processus de deuil beaucoup plus compliqué et difficile."
Le besoin d'un soutien administratif et pratique
L'enquête révèle également que 41 % des personnes ayant déjà organisé des funérailles auraient eu besoin d'un soutien administratif et pratique. Une difficulté qui s'accentue lorsque les dernières volontés du défunt ne sont pas connues. "Ainsi, 43 % ont déjà rencontré des difficultés pour organiser des funérailles parce qu'ils ignoraient les souhaits du défunt", précise Eric Schellebroodt.
Même après les obsèques, les démarches se poursuivent. Selon DELA, 64 % des répondants auraient souhaité être aidés pour remplir leurs obligations légales. Plus de la moitié (56 %) évoquent également un besoin d'accompagnement pour des tâches concrètes comme la restitution d'une plaque d'immatriculation, l'annulation de rendez-vous médicaux ou la modification de contrats d'assurance.
Accélérer le partage des documents administratifs via une plateforme depuis début 2026
Sur ce terrain, la Flandre a déjà pris une longueur d'avance. Depuis le début de l'année, la plateforme numérique eLys permet notamment d'accélérer le partage des documents administratifs, la rédaction des actes de décès et l'accès aux dernières volontés du défunt.
En Wallonie, aucun système intégré comparable n'existe actuellement. Les proches doivent encore multiplier les démarches auprès des différentes administrations et organismes.
"La Flandre a déjà fait les premiers pas vers la simplification des processus grâce à un système numérisé. Nous espérons que la Wallonie suivra rapidement", affirme Eric Schellebroodt. "Aujourd'hui, les proches doivent encore s'occuper de trop de choses eux-mêmes. En améliorant l'interconnexion des systèmes, nous pourrons à l'avenir leur épargner bien des tracas."
