Du mariage au divorce avec le parti
C'est la fin d'un mariage entre la bourgmestre de Verviers et le Parti socialiste, une union rythmée par des jours heureux et… malheureux.

- Publié le 31-07-2020 à 06h00

Depuis la fin de ses études en sciences politiques à l'Université catholique de Louvain, Muriel Targnion collabore avec de nombreux mandataires socialistes comme l'ancien ministre Yvan Ylieff ou l'ancien président du Parlement de la Communauté française, Jean-François Istasse avant de devenir échevine des Affaires économiques de 2003 à 2010 sous le mayorat de Claude Desama, et députée wallonne ainsi que de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2009. En 2012, le parti la verrait bien enfiler l'écharpe mayorale, mais les socialistes se retrouvent dans l'opposition au profit de la coalition cdH-MR avec Marc Elsen (cdH) comme bourgmestre de la ville. En 2014, elle est réélue députée à la Fédération Wallonie-Bruxelles.
En 2015, sa carrière politique au Parti socialiste prend une autre tournure, après le divorce entre cdH et MR dans la cité lainière. Le PS s'allie avec le cdH, et Muriel Targnion devient bourgmestre, profitant de l'effacement de Hasan Aydin qui avait récolté plus de voix.
Enodia
Son rôle est confirmé aux élections communales de 2018 où elle affiche le premier score tous partis confondus. Mais ce parcours "sans faute" commence à se gâter en décembre 2018 lorsqu'elle prend la tête d'Enodia (ex-Publifin).
Très vite, dans cette affaire, on lui reproche d'être très proche de Stéphane Moreau et de défendre les décisions du conseil d'administration et du management de Nethys en estimant notamment qu'aucune faute grave n'a été commise dans le cadre de la vente de trois filiales (VOO, Elicio et Win).
Son parti lui demande de démissionner de la présidence de l'intercommunale: elle le fera un an après le début de ses fonctions, et renoncera à un mandat rémunéré de conseillère chez Luminus, critiqué au PS. Dans le cadre de l'enquête judiciaire, le domicile de Muriel Targnion fait l'objet d'une perquisition vécue comme un "viol de mon intimité", déclare-t-elle. Muriel Targnion se défend, assurant n'avoir "fauté nulle part. C'est l'ensemble du monde politique liégeois qui a voulu, à la fin de l'industrie sidérurgique, créer une entreprise concurrentielle à capitaux publics pour aller là où le privé va. Pourquoi les pouvoirs publics ne pourraient-ils pas s'investir où c'est rentable au profit des Communes et de la Province et de la richesse qui se crée via le redéploiement de filières économiques et la création d'emplois."
Manifestation
De ce mandat de bourgmestre – qui n'est pas remis en question par l'exclusion de son parti – on retient aussi sa participation à la manifestation contre la venue de Théo Francken, ancien secrétaire d'État à l'Asile et la Migration (N-VA) à Verviers en février 2019. Elle a été soutenue pour le message que sa présence envoyait et critiquée pour avoir manqué à son devoir d'assurer l'ordre public.
Et puis, ce qui la ramène sous le feu des projecteurs et qui conduit à son exclusion du PS, c'est sa bataille contre le président du CPAS, Hasan Aydin qu'elle juge misogyne, insultant et outrepassant ses pouvoirs. Le Crac, la tutelle financière de la Région wallonne, refusera d'ailleurs d'avaliser ses procédés. Elle tentera de le destituer (sans succès) par une motion de méfiance alors que le Parti socialiste verviétois venait d'être mis sous tutelle, pour trouver des voies d'apaisement en interne.
