Rebondissement dans l'l'affaire à l'origine de #BalanceTonBar : le parquet général abandonne les poursuites contre l'ex-serveur du cimetière d'Ixelles
L'ancien serveur du Waff à Ixelles avait été acquitté au bénéfice du doute en première instance, provoquant un tollé médiatique. Le ministère public avait fait appel dans cette affaire de viols au cimetière d'Ixelles, à l'origine du mouvement #BalanceTonBar. On apprend ce jeudi 18 juin 2026 que le parquet général abandonne les poursuites.
- Publié le 18-06-2026 à 17h16
- Mis à jour le 18-06-2026 à 17h33

La porte-parole du parquet général a précisé, ce jeudi 18 juin 2026 à la DH, que les poursuites pour viols visant l'ancien serveur du Waff à Ixelles, ont été abandonnées, faute d'éléments pour soutenir l'accusation. Le prévenu avait été acquitté en première instance devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.
"Nous pouvons vous confirmer que, dans son arrêt du 10 juin dernier, la cour d'appel a pris acte du désistement d'appel du parquet général. Nous vous informons que les parties civiles n'avaient pas non plus interjeté appel de l'acquittement", nous confirme An Schoonjans, la porte-parole du parquet général.
"Ce jugement n'est pas un blanc-seing pour le viol"
Le 29 janvier 2025, la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles avait acquitté au bénéfice du doute l'ex-serveur de 33 ans, estimant que les deux viols commis dans le courant de l'année 2021 au cimetière d'Ixelles n'étaient pas prouvés à suffisance de droit. "Ce jugement n'est pas un blanc-seing pour le viol, ni pour votre comportement", tançait le président de la chambre.
Malgré cela, la décision avait provoqué un tollé dans les milieux militants, dont Balance ton Bar qui voyait là la persistance des "stéréotypes et la minimisation des violences sexuelles dans le traitement judiciaire de ces affaires", commentait sa créatrice Maïté Meeûs à l'époque. Contactée ce jour, la militante n'avait pas répondu à nos sollicitations.
Face au tollé, le ministère public avait toutefois interjeté appel malgré les réquisitions basses de la substitut du procureur du Roi, lors des audiences de la 54e chambre. Cette dernière avait requis la suspension simple du prononcé, soit une déclaration de culpabilité sans qu'aucune peine de prison ne soit appliquée, une décision soumise à un délai d'épreuve.
Bien qu'elle estimait les deux préventions de viols établis, la magistrate debout avait dénoncé le lynchage médiatique subi par Y.T. en 2021. L'identité du jeune homme avait fuité sur les réseaux sociaux où il était accusé, parmi d'autres serveurs du cimetière d'Ixelles, de commettre des viols en droguant les verres des clientes de l'établissement.
Plus d'un millier de personnes avait défilé dans le quartier estudiantin
Plus d'un millier de personnes ont défilé dans ce quartier estudiantin en octobre 2021 pour dénoncer les agressions sexuelles subies lors de soirées. Cette "vindicte populaire" à l'encontre d'Y.T. a toutefois tronqué la réalité du dossier, ont estimé les autorités.
Il était question de 17 plaintes à son encontre, un chiffre bien au-dessus de la réalité. Y.T. n'était visé "que" par cinq plaintes dont trois ont été classées sans suite. L'une parce qu'elle avait été déposée "en soutien" aux deux premières victimes. Une autre plaignante a quant à elle admis avoir été influencée par une jeune femme à l'origine de plusieurs rumeurs lancées à l'encontre du serveur mais qu'in fine, elle n'était pas certaine d'avoir reconnu Y.T. comme son agresseur. La dernière a elle aussi été influencée par un journaliste qui ne lui a soumis que des photos du prévenu.
