Étalement urbain et "stop béton" en 2050 : les questions de la réforme
Le béton de la réforme wallonne sur l'aménagement du territoire et l'urbanisme n'est pas encore sec. Mais les questions fusent.

- Publié le 18-04-2023 à 18h22
- Mis à jour le 18-04-2023 à 18h23

La fin de la bétonnisation des sols en 2050 suscite toujours beaucoup de réactions. C'est un objectif fixé par le gouvernement wallon depuis 2019. Il en a été beaucoup question en commission Aménagement du territoire, ce mardi, au Parlement wallon.
Les réformes du Code de développement territorial et du Schéma de développement territorial ont été adoptées en 2e lecture par le gouvernement wallon au début de ce mois (nos éditions du 5 avril). Les deux outils sont reprofilés pour lutter contre l'étalement urbain et l'artificialisation des terres agricoles. On mise sur les "centralités". Autrement dit, les auteurs de projets immobiliers seront encouragés à construire là où l'urbanisation existe déjà, où les services sont accessibles à 10 minutes à pied. "C'est la notion de proximité raisonnable", indique le ministre de l'Aménagement du Territoire Willy Borsus. Ces centralités sont censées absorber 75% de l'urbanisation à venir.
Centralités
Les "centralités", notion majeure de la réforme, laissent Marie-Martine Schyns (Les Engagés) sceptique: "Il reste du flou sur cette notion." Pour rappel, les Communes sont appelées à les définir elles-mêmes. Sinon la Région s'en occuperait elle-même, en élaborant une cartographie des centralités par défaut. "Mais aujourd'hui, on ne sait toujours pas sur base de quels critères", ajoute la députée de l'opposition. Son groupe souhaite par ailleurs organiser des auditions des experts qui ont travaillé à cette réforme sur l'artificialisation des terres, ainsi que de l'Union des villes et communes de Wallonie.
Éviter tout marchandage
Chez Écolo aussi, il reste au moins un doute sur le processus: "Je n'ai toujours pas bien compris comment on allait arriver à zéro artificialisation des sols en 2050, réagit la députée de la majorité Véronica Cremasco. Un élément de réponse, c'est qu'on va monitorer par bassins. le territoire des fonctionnaires délégués. Mais pour moi, un monitoring, c'est a posteriori".
L'autre élément qui l'inquiète, c'est l'innovation introduite au chapitre des charges d'urbanisme. Pour compenser l'impact négatif d'un projet, le promoteur aura la possibilité de payer ou d'intégrer du logement d'utilité publique dans son projet. Véronica Cremasco redoute que ces compensations fassent l'objet de marchandage. "ll ne faudrait pas qu'on accepte des projets pour pouvoir créer du logement d'utilité publique. Il doit être financé par ailleurs ", souligne-t-elle.
La réforme poursuit son parcours législatif. Elle reviendra au Parlement wallon après son adoption en 3e lecture par le gouvernement wallon.
