10 communes visitées, 1 million de spectateurs, présentation des coureurs, retombées: ce qui attend Bruxelles au départ du Tour de France 2019
Ça sert à quoi, le Grand Départ du Tour de France? Et ça se passe comment? Ces questions, les Bruxellois vont se les poser d'ici le 6 juillet 2019. Qu'ils aiment ou pas le cyclisme. Autorités et organisation ont tenté d'apporter quelques éléments de réponse ce 16 janvier.

- Publié le 16-01-2018 à 17h16

Il faudra s'y habituer: d'ici le 7 juillet 2019 et le contre-la-montre par équipes qui bouclera le week-end bruxellois du 106e Tour de France, on risque de croiser régulièrement dans nos rues la fameuse berline rouge qui symbolise la course presque autant que son maillot jaune.
C'est devant celle-ci que le directeur du Tour Christian Prudhomme a posé ce 16 janvier dans la cour baroque aux arcades tellement françaises de l'ancien palais de Charles de Lorraine. Drôle d'idée, alors que la course a élevé en symbole l'idée de relier les deux palais royaux lors de son étape inaugurale, le 6 juillet.
Mais l'ancien journaliste n'était pas seul sur ces pavés historiques: "le grand Eddy" l'accompagnait de son éternel sourire bonhomme. Une cour princière pour un roi, donc... Le cannibale s'est semble-t-il suffisamment rabiboché avec l'organisateur ASO que pour croquer à pleines dents le gâteau d'anniversaire promis pour fêter les 50 ans de sa première victoire dans la Grande Boucle.
Voici ce que Bruxelles doit retenir de cette très médiatique présentation.
10 communes visitées
Les deux étapes dessinées (entre autres) dans Bruxelles ne se contenteront pas d'effleurer la capitale: la course s'y jouera bel et bien. Outre la Ville, de nombreuses communes auront leur temps d'antenne. Molenbeek par exemple gagne le départ réel de la première étape en ligne, le 6 juillet. Anderlecht, Woluwe-Saint-Pierre et Etterbeek aussi en seront lors de la journée inaugurale.
Le lendemain, c'est une fête aux autoroutes urbaines si bruxelloises que le Tour prévoit. Ce dimanche 7 juillet 2019, il faudra laisser la voiture au garage puisque c'est toute la Région qui sera bouclée une grande part de la journée par le très chorégraphique contre-la-montre par équipes.
Là encore, on partira du parc Royal pour gagner l'Atomium, en passant à nouveau par Woluwe-Saint-Pierre. Puis Auderghem, Watermael-Boitsfort, Ixelles, Etterbeek, Woluwe-Saint-Lambert et enfin Schaerbeek seront à l'image. La lecture de ces toponymes promet d'ailleurs de belles rigolades à ceux qui auront le courage de suivre la course sur les médias français: la présentation de ce 16 janvier nous en a d'ailleurs donné un aperçu...
Une certitude: ça ira très vite sur chacune de ces deux étapes. Autre certitude: les spectateurs ne manqueront pas de spots pour voir passer les coureurs. Surtout le dimanche, du parc de la Woluwe au Bois de La Cambre, du Général Jacques à Reyers, de Belliard au parc Josaphat.

Un épicentre dans le parc Royal
C'est le parc Royal qui abritera le fameux "Village Départ" de l'épreuve. Cet immense camp itinérant, qui sera monté le 5 juillet, accueillera les invités des sponsors et distribuera à pleines brassées les gadgets et gourmandises estampillés de leurs logos. C'est la version sédentaire de la caravane.
Au-delà de ce folder promotionnel tapageur, le parc et ses environs accueilleront forcément aussi les bus des équipes lors des deux départs prévus à Bruxelles. Un bon spot à tenir à l'œil pour les chasseurs d'autographes ou ceux qui veulent voir les rouleurs s'échauffer sur leurs montures d'appartement avant le contre-la-montre.
Une semaine en jaune

Le Grand Départ du Tour, ce n'est pas que les jours de course. En amont, c'est un immense barnum qui affichera le jaune partout chez nous. "Une semaine de jaunisse nous attend", prévient l'échevin des Sports de la Ville, Alain Courtois (MR). Le 1er juillet déjà, les premiers représentants du Tour seront à pied d'œuvre. La salle de presse du Heysel sera aménagée le 2 juillet et inaugurée le 3, soit le mercredi avant l'épreuve. On peut alors s'attendre à voir s'installer près de 4.500 suiveurs dans les hôtels et restaurants de la capitale. Le 4 juillet, les préparatifs se termineront avec le montage de la zone d'arrivée à Laeken. La Ville annonce que des "volontaires" seront recrutés pour le bon déroulement de toutes ces opérations.
Pour le grand public, ce 4 juillet est à marquer d'une pierre blanche: c'est ce jour-là que les coureurs seront présentés. Le podium sera dressé... sur la Grand-Place! On vous prévient: il n'y aura peut-être pas place pour tout le monde. L'organisation prévoit le coup et fera défiler les cuissards fluos sous les ors et le marbre des galeries royales Saint-Hubert, l'une des zones du Pentagone les plus prisées des touristes... et des chocolatiers. L'idée a de quoi séduire.
Restera ensuite à enfourcher le vélo.
Des retombées chiffrables et non-chiffrables

Bruxelles a dû débourser 5 millions d'euros pour accueillir le Tour. Et devra, selon Alain Courtois, encore lâcher "2 à 3 millions". L'échevin bruxellois revoit donc à la baisse les chiffres communiqués en 2017 par Düsseldorf, qui avait dépensé près de 16 millions pour répondre au strict cahier des charges de l'organisateur ASO.
Car oui, un départ du Tour, "à quoi ça sert"? Courtois veut devancer ceux qu'il surnomme "les gniagniagnias" en assurant qu'il y aura "des retombées". Düsseldorf calcule ainsi "return" direct de 8 millions. Soit une perte d'autant sur son budget. À Bruxelles, l'échevin libéral assure que "4500 chambres d'hôtel sont déjà réservées" sur le créneau du Tour 2019. Et ce n'est sans doute qu'un début puisque le Bourgmestre Philippe Close (PS) s'attend à la venue "d'un million de personnes".
Par ailleurs, le Tour bénéficie d'une image mondiale. "La course est diffusée dans 190 pays dont 100 le font en direct", rappelle Prudhomme. "On verra donc Bruxelles partout", lapalisse le bourgmestre. Cette image de marque n'est pas immédiatement chiffrable mais les expériences du Yorkshire (2015) et de la Manche (2016) semblent montrer que l'investissement porte ses fruits sur le long terme en termes de retombées touristiques.
Pour Bruxelles et la Belgique, il s'agit peut-être enfin "de montrer que ce pays est encore capable de construire quelque chose", glisse Alain Courtois, le regard toujours larmoyant à l'idée que le stade national ne sera pas construit. "J'en ai parfois douté mais ça prouve qu'on peut toujours organiser un événement d'envergure mondiale. Le dernier remonte à 58. C'était l'expo universelle. Ça fait 60 ans".
Un avant-goût?
Ville et Région ne vont évidemment pas laisser les fans de la Petite Reine patienter jusqu'à juillet 2019 sans alimenter leur appétit. Ni sans soigner leur campagne de com à 5 millions d'euros, selon le dû empoché par l'organisateur ASO.
Ainsi, un avant-goût du parcours sera proposé aux cyclotouristes dès 2018. Le rendez-vous est fixé au 24 juin pour la seconde édition du "BXL Tour". Son baptême avait engendré des bouchons partout dans Bruxelles en juin 2017. C'était pourtant un dimanche... Ce qui laisse augurer du pire pour le "vrai" Tour.
Bref. Le retour en 2018 de la compèt' amateur empruntera donc le parcours exact du contre-la-montre du 7 juillet de l'année suivante. Alain Courtois se réjouit: "La voiture rouge sera là, Christian Prudhomme l'a promis".
Qu'est-ce qu'on vous disait?!
