Buissenal: les fours Soupart ont célébré leurs 110 ans
Les fours Soupart, avec leur forme ronde caractéristique, ont fêté leurs 110 ans: passage en revue de leur histoire présente et passée.
- Publié le 18-12-2023 à 06h00

Vinciane Corbisier l'a fait exprès: c'est à la Saint-Eloi, saint-patron des forgerons, que la gérante des établissements Soupart a décidé de célébrer les 110 ans de l'entreprise, spécialisée dans la confection de fours à pain qui fonctionnent au bois et d'une durée de vie de 30 à 40 ans.
C'est dans l'atelier que les tôles et le fer arrivent à plat et sont mis en forme, grâce à des machines plus anciennes ou plus récentes: "On a acheté cette année une poinçonneuse d'occasion, une fraiseuse et une plieuse", illustre Vinciane Corbisier.
Une entreprise florissante
Alors que les activités de la Brasserie à Vapeur (Pipaix) de son mari connaissent un coup d'arrêt avec le Covid, Vinciane Corbisier, qui y travaille toujours, retourne aux établissements Soupart pour aider sa mère (malheureusement décédée depuis). Et a repris le flambeau avec brio."On était à un an de délai de livraison, on est désormais aux alentours des 3 mois. Cette année on devrait atteindre les 30 fours vendus, essentiellement en France". Pour cela, la patronne, qui s'occupe principalement de l'administratif, peut compter sur une équipe de deux personnes dans l'atelier, dont fait partie depuis mi-mars Christophe Pezin, en tant que soudeur: "Il a fallu un petit temps de mise en route et il y a toujours des choses qu'on apprend, sourit-il. C'est un job agréable, on a augmenté le rythme et on est dans la recherche constante pour être plus rapide dans la fabrication".
Nouveauté pour les fours, l'utilisation d'un isolant plus performant à la place de la laine de roche: le Superwool Prime. Les établissements se lancent également dans la (re)fabrication de deux anciens produits: un gaufrier (au gaz), qui n'était plus produit depuis quelques années. Et des blutoirs à farine (pour la tamiser), qui avaient disparu des rayons depuis les années 90, prototypes encore à améliorer.
Une longue histoire
C'est au début des années 60 que les fours déménagent de Bois-du-Luc (La Louvière) à Buissenal. "Oscar Soupart cherchait un acquéreur parmi ses clients. Il a transmis son savoir-faire à mon grand-père qui était maréchal-ferrant et avait sa propre forge. Comme il était en fin de carrière, il a travaillé sous les ordres de mon père, qui a continué l'activité par après". Au décès de ce dernier, c'est sa femme, Josée Delcoigne, qui a pris la relève.
Mais l'homme à l'origine de tout ça, c'est Jean-Baptiste Soupart. "L'inventeur et créateur du premier modèle de cuisson à double parois, explique son petit-fils Michel Soupart. Il a également créé des lampes à acétylène pour équiper les camions pendant la guerre. Et a eu une médaille d'or à la foire universelle de 1905 à Liège à l'âge de 25 ans. Mais je ne sais plus pour quoi", rigole-t-il. C'est en 1913 que l'activité four a débuté. Des fours qui ont été exportés un peu partout, comme au Congo ou au Ruanda-Urundi. Ou qui furent présentés au pavillon du génie civil lors de l'exposition universelle de Bruxelles en 1958.

