Le camp de Lagland, à Arlon, est désormais interdit aux civils : les riverains se mobilisent
Les balades dans les bois ou les sorties en VTT sont dorénavant interdites à Lagland. Des riverains veulent changer les choses.
- Publié le 08-02-2021 à 06h00

Endroit phare en province de Luxembourg, le camp de Lagland, d'une étendue de près de 2 500 hectares répartis sur les communes d'Arlon, Saint-Léger et Étalle, est un des trois principaux domaines militaires de Wallonie.
Les deux autres se trouvant à Marche-en-Famenne et dans la région d'Elsenborn.
Au niveau de l'occupation du camp, il est à noter que, sans surprise, l'armée s'y entraîne sur une partie évaluée à 25% de la superficie totale.
Les entraînements réalisés par l'armée? Principalement des exercices pour le tir et la préparation au combat urbain.
Pour le reste, le site accueille une biodiversité rare et est un sanctuaire pour la faune et la flore. D'ailleurs, certaines zones sont protégées dans le cadre de Natura 2000.
Depuis de longues années maintenant, les riverains du camp militaire de Lagland bénéficient d'une accréditation leur donnant la possibilité d'accéder à la zone non militarisée du camp de Lagland. Mais cette autorisation d'accès, elle n'existe plus depuis quelques mois.
"Pour ma part, je suis passionné de VTT, nous raconte un habitant de Schoppach. Et à ce niveau-là, le domaine de Lagland est un passage obligé pour rejoindre les bois de Chantemelle, Buzenol ou Saint-Léger. Malheureusement, il n'est maintenant plus possible d'y accéder. Après les attentats de mars 2016, une interdiction a été décrétée. Dans la foulée, l'interdiction a été prolongée à cause de la peste porcine africaine. Et ensuite, c'est la crise sanitaire qui a fait son apparition. Bref, a total, cela fait désormais quatre ans que l'accès au domaine de Lagland nous est interdit."
Entre la première interdiction et aujourd'hui, un nouveau commandant militaire a pris ses fonctions dans la province de Luxembourg. Et l'homme n'envisage pas de remettre en place le système des accréditations.
"C'est d'autant plus navrantque de nombreuses randos VTT, que ce soit à Arlon, Vance, Toernich ou Chantemelle avaient pour habitude d'obtenir des autorisations pour que leur organisation passe par le domaine militaire. Idem pour des allures libres comme celle de Fouches", poursuit notre interlocuteur,
Pour la ministre de la Défense, ouvrir aux civils, c'est un non
Alerté par le problème, le député et bourgmestre d'Attert, Josy Arens, a interrogé la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder. Dans sa réponse, cette dernière lui adresse une fin de non-recevoir. "Le camp reste fermé à toute personne civile sur l'ensemble du domaine. Y compris les plaines", confirme-t-elle.
La ministre justifie sa décision par divers arguments, notamment la présence de personnes prises en flagrant délit pendant les exercices de tir, des vols, des détériorations de matériel, des dépôts clandestins de déchets ou encore la présence régulière de quads et de cavaliers qui ne respectent pas les zones interdites. Autre argument, les risques d'incendie en été.
"Des arguments fallacieux"
"Ce sont des arguments fallacieux, reprend le riverain de Schoppach. Ce sont ceux qui n'ont pas d'accréditation qui se livrent à ces exactions. Et sans contrôle, les problèmes ne feront que s'aggraver."
La ministre ayant conclu son intervention en stipulant "qu'une nouvelle évaluation sera réalisée dans le futur", les riverains comptent maintenant sur les autorités communales arlonaises pour tenter d'infléchir la position du commandant militaire.
