Tentative d'assassinat à Florenville
Le 30 novembre, la chambre du conseil d'Arlon dira si elle renvoie Michel Hecht et Fabrice Bussey devant les assises.
- Publié le 22-11-2007 à 10h00
On a plaidé mercredi matin devant la chambre du conseil du tribunal d'Arlon, dans l'affaire Michel Hecht et Fabrice Bussey, du nom des deux inculpés de tentative d'assassinat le 22 septembre 2005 à Florenville.
Ce jour-là, à l'aube, une jeune mère de famille, Isabelle Mathieu, 20 ans, s'était fait agresser dans le chalet en bois qu'elle occupait rue Flonceaux.
Grièvement blessée aux jambes par des tirs de fusil de chasse venus de l'extérieur du bâtiment, la jeune femme était à ce moment seule dans le chalet avec son bébé de quelques mois.
Son compagnon, Yves Hecht, était alors à son travail de nuit à la Poste à Libramont.
Les deux inculpés nient en bloc
Très vite, les enquêteurs (SER de Gaume et policiers de Florenville) ont dirigé leurs investigations vers Michel Hecht, frère d'Yves Hecht. Ce dernier a prétendu - et prétend toujours - que son frère avait voulu s'en prendre en lui. Mais ignorant qu'il était absent cette nuit-là, Michel Hecht aurait tiré par erreur sur sa belle-soeur, Isabelle Mathieu.
Interpellé trois jours plus tard par la police française à Sedan, Michel Hecht a toujours fermement nié être l'auteur de la tentative d'assassinat à Florenville.
Connu des services judiciaires pour des agressions de personnes âgées possédant des antiquités, Michel Hecht a encore répété, hier à Arlon, qu'il n'était pour rien dans l'agression contre la compagne de son frère. Michel Hecht était défendu hier par Me Marc Kauten.
Un autre inculpé, Fabrice Bussey, interpellé lui aussi en 2005 à Sedan avec Michel Hecht, nie également toute implication dans la tentative d'assassinat.
Fabrice Bussey est défendu par Me Thierry Mortier.
Quant à la jeune mère de famille, partie civile, qui a subi plusieurs opérations après sa grave blessure aux jambes, elle est représentée par Me Joëlle Saussez.
Irrecevabilité des poursuites?
C'est le 30 novembre prochain que la chambre du conseil d'Arlon dira s'il y a lieu de renvoyer ou non Michel Hecht et Fabrice Bussey devant les assises.
La défense, qui n'a pas eu gain de cause devant la Cour de cassation, réclame l'acquittement des inculpés pour absence de charges.
Au surplus, Me Kauten, hier, a demandé l'irrecevabilité des poursuites. Pour trois raisons essentielles.
Pour violation du secret de l'instruction par rapport à des articles parus dans la presse au début de l'affaire; pour le bris de scellés à la voiture dans laquelle avaient pris place les deux inculpés avant leur arrestation; enfin, pour l'audition d'un témoin important en présence d'Yves Hecht, compagnon de la partie civile.
Subsidiairement, si la chambre du conseil estimait qu'il y a des charges suffisantes, la défense demanderait alors qu'on requalifie la tentative d'assassinat en coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité.