Anderlecht-Momalle: 45 ans plus tard, les héros se sont réunis pour se souvenir du match de leur vie
En jouant contre le lauréat de la Coupe d'Europe Anderlecht, Momalle entrait dans les annales du football régional le 25 août 1979.
- Publié le 21-05-2024 à 16h46
- Mis à jour le 21-05-2024 à 16h48

Momalle, 11h en ce dimanche de Pentecôte. Quatre hommes attablés au café Delvy, discutent entre vieux amis. Le Delvy, ils connaissent, mais de leur temps, le bistrot s'appelait "Le But", enseigne sans doute plus révélatrice de leur passion. À cette époque, Momalle comptait plusieurs cafés que fréquentaient de temps en temps les quatre hommes. Eux, ce sont Danté Ubiali, André Berwaert, Henri Christophe et Joseph Dethier.
Sept minutes plus tard, Gaston Lejeune, Michel Janssis, Roger Keppenne pénètrent dans le café. Ces hommes s'embrassent, et déjà les visages s'illuminent. Un club de marcheurs entre, et subitement le café est pris d'assaut par un public joyeux légèrement grisonnant. C'est alors que Gaston Lejeune entame son discours.
"Il y a 45 ans, devant quelques milliers de spectateurs (NDLR: 5 500 spectateurs), dont un millier de Momallois qui avaient effectué le déplacement vers la capitale, nous avons fait peur à un des plus grands clubs du monde, explique l'orateur. Souvenez-vous de ces noms: Van Binst, Munaron, Haan, Broos, Rensenbrink. Quatre mois plus tôt, Anderlecht avait remporté la Coupe d'Europe contre l'Austria Vienne."
Dante Ubiali renchérit: "C'est bien vrai ! Nous leur faisions sans doute peur. À la fin du match, le ballon est arrivé dans mes pieds et j'ai eu la chance de le garder. Je veux qu'on le mette dans mon cercueil, on ne sait jamais qu'il n'y en aurait pas là-haut." Christian Vandevenne, dans un grand rire, lui expédie: "Je croyais que tu n'entendais pas !"
Alors que le plus ancien de l'équipe rejoint sa place, le capitaine le taquine en lui lançant: "On voit bien qu'Annie n'est pas là aujourd'hui. Sinon tu parles nettement moins !"
Tout ça pour dire l'ambiance qui règne dans cette équipe d'amis qui le sont restés après 45 ans, bien que certains soient décédés, dont notamment Léon Maquoi, l'entraîneur de Momalle durant 22 ans. Un grand monsieur du football, qui donnait des consignes pertinentes tant sur le terrain que le long de la ligne de touche.
"Il n'y avait plus un chat dans le village"
À ce moment-là, Dante reprend la parole et explique que ses équipiers et lui s'étaient accroupis sur la ligne de but et ne distinguaient pas la ligne de l'autre côté, ce qui fit dire à Michel Janssis, toujours aussi taquin: "Il n'y a que toi le plus petit qui ne la voyais pas !" Il est palpable que les deux hommes s'apprécient. Mieux, une véritable amitié unit tous ces anciens joueurs, cette belle camaraderie ayant permis à un village de 1300 âmes de vivre une épopée footbalistique aussi mémorable. "Non moins de dix cars s'étaient rendus à Anderlecht, continue l'orateur. Il n'y avait plus un chat dans le village. Et dire que nous avons ouvert le score par Roger Keppenne, après un quart d'heure. Mais il avait été annulé…" Vu la belle ambiance de ce dimanche, il est fort à parier que la fête du 50e anniversaire de ce bel exploit aura des allures de troisième mi-temps interminable !
