Elle était une figure de la Résistance
La Hutoise Micheline Thonet s'est éteinte. Elle était une figure de la Résistance, née dans une famille qui a joué un rôle dans la région.
- Publié le 05-06-2018 à 06h00

Elle avait 92 ans. La Hutoise Micheline Thonet s'est éteinte ce dernier week-end. Elle était née en juillet 1925 et était la plus jeune des enfants de Joseph Thonet, pionnier du socialisme à Huy. "Mon arrière-grand-père était un personnage important du parti ouvrier et un des trois ou quatre fondateurs du parti communiste belge de l'avant-guerre", explique Fabian Bastianelli.
Micheline Thonet s'est investie elle aussi pour les autres. Dès 1940, la famille Thonet intègre ainsi la Résistance. Le grand frère de Micheline, Victor, était commandant de l'Armée belge des partisans. Arrêté sur dénonciation, il a été torturé puis fusillé. C'est quand elle a appris qu'il avait été tué que Micheline Thonet est entrée elle-même dans la Résistance. "Je voulais faire quelque chose en mémoire de mon frère", nous confiait-elle en novembre 2010. Elle a ainsi intégré le groupe Front de l'Indépendance dont le QG était installé au Continental, le café de son oncle sur la place du Tilleul. Elle avait alors à peine 18 ans. Lorsque Gustave Opitom, celui qui avait créé le groupe Front de l'Indépendance, a été capturé, les Allemands sont remontés jusqu'à la jeune Hutoise qui, à son tour, a été arrêtée. Elle a été incarcérée à la prison de Huy où elle est restée 33 jours. "Nourrie de pain sec et de soupe infecte. J'étais avec une autre jeune fille prise en même temps que moi." Et régulièrement, elle était interrogée, les Allemands voulaient savoir où son père se cachait.
Le 30 décembre, elle a reçu un message codé de sa mère l'avertissant d'une tentative d'un commando hutois pour la libérer. Et effectivement, les Résistants sont venus libérer les prisonniers de la prison de Huy. "Elle a été exfiltrée par la Résistance", poursuit Fabian Bastianelli. Elle a alors été livrée à elle-même. Elle s'est teint les cheveux en blond, est partie sur Liège puis a dû se cacher dans les Ardennes où elle a attendu la Libération.
En 1947, Micheline Thonet épousa Albert Bastianelli. "Mon père est né en Afrique mais ses parents ont immigré en 1910, explique Dany Bastianelli. Mon père était taximan." Jusqu'il y a quatre ans, Micheline Thonet participait aux commémorations, avec les anciens combattants. "Après, sa santé ne le lui a plus permis, ajoute son fils. C'était important pour elle d'en parler. Car c'est une période qui a marqué profondément sa vie."
Les funérailles civiles de Micheline Thonet auront lieu ce mardi matin au crématorium de Ciney.
