BASKET-BALL | Finale de la Coupe de Belgique: l'élite du basket féminin reléguée à l'heure de l'apéro
Braine et Namur s'affrontent ce dimanche en finale de la Coupe de Belgique, dans un contexte paradoxal entre succès des Belgian Cats en Chine et fragilité du championnat féminin.

- Publié le 20-03-2026 à 06h04

Dimanche 22 mars, 12 h 30. Un horaire habituellement réservé aux matchs de jeunes ou à… l'apéro. C'est pourtant le créneau choisi par la fédération pour programmer la finale dames de la Coupe de Belgique entre les Castors Braine et Namur au Dôme de Charleroi.
Ce créneau horaire illustre le paradoxe qui frappe le basket féminin belge aujourd'hui: d'un côté, des Belgian Cats qui rayonnent sur la scène mondiale, de l'autre, un championnat national féminin en quête de reconnaissance et de second souffle.
Un choix dicté par la télévision
L'affiche est pourtant historique: il faut remonter à 2007 pour voir deux formations francophones se disputer le trophée en terre wallonne (Dexia Namur face à Novia Namur à Andenne). Jean-Pierre Delchef, président de l'AWBB et de Basketball Belgium, justifie ce choix par une volonté de "propagande" en couplant l'événement avec la finale messieurs (programmée dimanche à 16 h 45), tout en admettant subir les exigences des retransmissions télévisées. "On est dépendant des retransmissions télés, imposant dès lors un coup d'envoi plus matinal pour les femmes. Mon idée pour le futur est d'avoir une journée 100% basket féminin avec l'organisation d'une Coupe de Belgique chez les jeunes avec en apothéose le match des dames, mais cela signifierait donc qu'on se désolidarise du basket masculin."
Braine locomotive populaire
Malgré une salle qui risque de sonner creux, le tenant du titre, Castors Braine, fait figure de moteur. Le président Jacques Platieau annonce déjà la présence d'un minimum de 600 supporters et se félicite du cap des 10 000 abonnés franchi sur Facebook. "Ce sera la plus grosse affluence pour notre club pour une finale de Coupe de Belgique. Braine suscite un capital sympathie et attire à tous les étages", se réjouit-il, y voyant un signe encourageant pour le futur du club.
Toutefois, le dirigeant brabançon wallon ne décolère pas sur le plan sportif. Programmer une finale trois jours seulement après le retour des internationales d'un tournoi – en Chine pour la Belgique – relève, selon lui, d'un manque de considération. Dans les rangs brainois, des joueuses comme Alicia Courthiau, l'Estonienne Ana Gret Asi ou la Bulgare Gergana Ivanova ont dû enchaîner les entraînements dès leur retour jeudi. "Ce n'est pas correct pour nous, note Jacques Platieau.Je pense qu'il y avait moyen de placer cette finale à un autre moment."
Un championnat à bout de souffle
Au-delà de cette finale, c'est la structure même du basket belge qui inquiète. Le projet d'une division TDW2, censé renforcer l'élite, est au point mort suite à un revirement des clubs flamands. Le constat de Jean-Pierre Delchef est sans appel: sur les 12 Cats de la dernière sélection, une seule évolue en Belgique."On doit effectivement apporter des solutions pour renforcer le championnat belge, souligne le président de l'AWBB. Je regrette que le projet de création d'une TDW2 soit reporté. Au niveau de l'AWBB, on était prêt, mais hélas il y a eu un revirement du côté de nos collègues flamands. Mais on va y arriver parce que là, c'est insupportable de s'apercevoir que des engagements et décisions ont été pris et au final, ce n'est pas respecté. Mais j'ai bon espoir d'arriver à ce schéma parce que oui je suis conscient qu'il faut revoir la formule."
Pour Jacques Platieau, l'écart se creuse dangereusement entre le Top 3 et le reste de la ligue, contrairement à des pays comme la République Tchèque où le milieu de tableau pousse vers le professionnalisme. "On doit former les Cats de demain et pour cela, il faut aider et soutenir les clubs belges", insiste-t-il, appelant à une professionnalisation réelle à tous les échelons pour que le championnat retrouve enfin une certaine crédibilité.
