Dis ObyO, combien vaut mon smartphone?
Une société de Genval vient de lancer son application. ObyO permet de savoir ce que vaut votre appareil et propose d'aller le déposer au comptoir d'un magasin Trafic.

- Publié le 14-05-2022 à 06h00
- Mis à jour le 14-05-2022 à 09h03

En quelques jours, l'application imaginée par la PME rixensartoise a déjà provoqué plus de 3000 téléchargements.
"Notre app ObyO est déjà 15e dans la catégorie des applications utilitaires, c'est bien la preuve que beaucoup de gens possèdent un smartphone ancien qu'ils sont tentés de revendre mais ils hésitent ", estime Geoffroy Van Humbeeck, fondateur de aSmartWorld, société spécialisée dans le reconditionnement responsable de smartphones, qui emploie une quinzaine de personnes dans ses ateliers de Genval.
Le fonctionnement est simple. Il suffit de télécharger l'app ObyO sur l'appareil que l'on souhaite revendre. Après quelques tests, et en moins de 5minutes, une valeur objective de reprise est proposée. "C'est dans cette fourchette de prix qu'il sera repris. En fonction de l'état de la face avant et arrière, des griffes, etc., le responsable du magasin Trafic choisi précisera la valeur de l'appareil. Le client peut alors se faire payer en bon d'achat Trafic ou, mais c'est moins intéressant, en une somme d'argent, réduite à 80% de la valeur proposée."
Actuellement, quinze magasins Trafic sont prêts à recevoir les téléphones, dont ceux de Bierges et de Braine-l'Alleud, mais, dans les semaines à venir, toutes les enseignes Trafic seront rodées et les équipes formées par leur partenaire.
Plus concurrentiel?
Plus intéressant que les concurrents? Pas forcément. Mais moins de mauvaises surprises, sans doute. "Nous ne sommes pas des magiciens, les smartphones perdent de leur valeur rapidement. Ils perdent entre 70% et 80% de leur valeur après deux ans. Donc, plus on l'a payé cher au départ, plus on perdra de l'argent. Et après cinq ans, ils ne valent presque plus rien sur le marché, c'est certain, poursuit Geoffroy Van Humbeeck. D'autant qu'il y a, en général, une différence importante entre la réalité du marché et l'idée que les gens se font de la valeur de leur smartphone."
Pour le fondateur de aSmartWorld, la plus-value est ailleurs: "Ce qui est vraiment vertueux dans notre proposition, c'est le fait que nous travaillons en circuit court, ce qui signifie que les appareils que nous rachetons sont ensuite reconditionnés à Genval, par des travailleurs de la région, et pas en Chine ou ailleurs encore. Nous supportons aussi l'environnement car le fait de donner une 2evie à un smartphone permet d'éviter le pire moment de pollution, c'est-à-dire sa phase de fabrication. Car 85% de l'impact négatif d'un smartphone sur l'environnement a lieu au moment de sa fabrication. Ensuite, l'activité de notre société permet à des gens qui ont moins de moyens financiers de se doter d'un smartphone, et donc cela réduit la fracture numérique, qui est bien réelle, car l'accès au numérique a un coût qui pose des problèmes aux catégories moins favorisées de la population."
Le manager sait aussi que l'un des freins connus à la revente d'un ancien smartphone est la crainte que les données encodées se perdent entre de mauvaises mains. Là encore, il rassure: "Nous avons acquis la confiance de 80grandes entreprises belges qui nous confient leurs appareils déclassés parce que nous disposons d'un label qui garantit l'effacement des données. S'ils nous font confiance, les particuliers peuvent être rassurés, nous leur garantissons cela également."
En France, actuellement, les appareils reconditionnés ne représentent que 15% des ventes annuelles. Le marché devrait évoluer pour atteindre les 50% en 2030.
