"La flamme de la résistance ne s'éteindra pas": à Nivelles, 400 personnes défilent contre la réforme de l'enseignement
Environ 400 personnes, représentant six écoles secondaires, ont défilé jeudi soir dans les rues de Nivelles contre la réforme de l'enseignement.
- Publié le 18-06-2026 à 22h02
- Mis à jour le 18-06-2026 à 22h04

Ce n'était pas le départ du Tour Sainte-Gertrude puisque plusieurs centaines de marcheurs descendaient la rue de Mons en direction de la Grand-Place. Mais le rassemblement n'en était pas moins impressionnant jeudi soir: des professeurs de six écoles de Nivelles, tous réseaux confondus, ont été rejoints par des parents et des élèves pour une manifestation contre les réformes de l'enseignement que veut imposer la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Cette "Marche pour l'Enseignement" était une initiative du collectif Mars Attacks, mais la mobilisation était bien plus large. On y retrouvait quelques politiques comme les échevins aclots Pascal Rigot (Écolo) et Robert Vertenueil (PS) ainsi que le député socialiste Martin Casier, et beaucoup de syndicalistes dont le président de la CSC Enseignement, Xavier Toussaint.
Une reprise en force à la rentrée
Prenant la parole au départ de l'action, sur les marches du collège Sainte-Gertrude, Xavier Toussaint a confirmé que le mouvement est loin de marquer le pas. De petites actions sont programmées durant les vacances, puis une reprise en force se confirme à la rentrée. Des discussions sont en cours pour que d'autres secteurs, en septembre, rejoignent la protestation des enseignants qui ont en quelque sorte montré la voie.
En ce 18 juin, les participants ont également écouté le discours d'une prof d'histoire, Caroline Goulard. Qui a cité le général de Gaulle: "La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas." Elle a rappelé aussi qu'à la fondation du collège Sainte-Gertrude en 1915, le cardinal Mercier avait souligné l'importance de l'enseignement contre l'ignorance.
"Une remise en cause du service public"
"Les réformes imposées par les ministres Degryse et Glatigny ne sont pas de simples ajustements techniques, a commenté l'enseignante. Elles sont, pour beaucoup d'entre nous, une remise en cause profonde du service public et de la dignité des missions éducatives. Le péril vient d'une vision de l'école et de nos services publics qui privilégie la logique comptable par rapport à l'humain. Face à cette défaite annoncée de nos conditions de travail et de notre projet éducatif, nous ne pouvons pas nous contenter de subir. Dire non aux mesures injustes, ce n'est pas refuser le changement: c'est refuser une régression."
Le cortège, encadré par la police locale, a pris la direction de la Grand-Place où, à proximité du Waux-Hall, des intervenants ont également rappelé les impacts des réformes pour les académies. En ces temps d'examens, quelques slogans posaient des questions comme: "Comment qualifier un État qui préfère la militarisation à l'éducation ?"
Les manifestants ont ensuite pris la direction de l'IPAM où ils ont écouté les difficultés des profs du qualifiant, ainsi que le point de vue d'un représentant des élèves des écoles aclotes. Un immense "SOS" a ensuite été formé dans la cour par les participants.
Ceux-ci sont alors revenus la Grand-Place. En encombrant les rues, mais sur le trajet du cortège, les coups de klaxon étaient des marques de soutien, souvent accompagnées d'un signe d'encouragement et d'un pouce en l'air.
Symboliquement, à l'arrivée, les flambeaux portés depuis le début de la marche et représentant l'enthousiasme des jeunes profs ont été éteints.

