Les Mutualités Libres appellent à réguler très vite les réseaux sociaux pour protéger la santé mentale des jeunes
Pour les Mutualités Libres (Partenamut en Wallonie et à Bruxelles), il est urgent de réguler les contenus des réseaux sociaux diffusés aux mineurs. Leur santé mentale est sous pression! La consommation d'antidépresseurs chez les 12-18 ans a augmenté de 43,6% entre 2018 et 2024, rappellent-elles.

- Publié le 18-06-2026 à 18h00

Le nombre croissant de jeunes affiliés en souffrance mentale a alerté Les Mutualités Libres: entre 2018 et 2024, le nombre d'entrées en incapacité de travail pour burn-out a plus que doublé chez les 18-34 ans et l'usage d'antidépresseurs chez les 12_18 ans a augmenté de 43,6%.Et, dans le même temps, l'usage des réseaux sociaux s'intensifiait et débutait à un âge de plus en plus précoce, En Belgique, 65% des élèves de 1re et 2e secondaire utilisent Snapchat, 54% TikTok et 48% Instagram.
Pour prendre la mesure la plus objective possible des impacts, aussi bien positifs que négatifs, des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes, les Mutualités Libres ont analysé les publications les plus récentes de la littérature scientifique et formulé dans la foulée plusieurs recommandations. Et cela quelques semaines avant que Vanessa Matz, ministre fédérale chargée du Numérique, ne soumette au gouvernement une première version d' un projet de loi visant à restreindre l'accès des mineurs aux réseaux sociaux.
Un risque accru de dépression dès 12 ans
Premier constat : l'usage excessif des écrans, et en particulier des réseaux sociaux, est associé à des troubles du sommeil, à une sédentarité accrue, à des symptômes dépressifs et anxieux, à une altération de l'image de soi et à des conduites alimentaires problématiques. Chaque heure passée sur les réseaux sociaux augmenterait de 13% le risque de dépression, particulièrement chez les filles.
Autre enseignement: plus l'accès à un premier smartphone et à un premier compte sur une plateforme est précoce, plus le risque de dépression, de pensées suicidaires, de mauvaises relations familiales et d'exposition au cyber-harcèlement augmente. À 12 ans, les jeunes en possession d'un smartphone présentent déjà un risque accru de dépression, d'obésité et de sommeil insuffisant.
Les plateformes qui utilisent des algorithmes addictifs ciblées
Enfin, plus que la durée d'exposition, ce sont les mécanismes addictogènes des plateformes (algorithmes de recommandation, défilement infini, notifications push, systèmes de récompense comme les streaks) qui exposent les jeunes à des risques disproportionnés.
"Tout est pensé pour retenir l'utilisateur le plus longtemps possible et l'inciter à revenir, souligne Marianne Hiernaux, porte-parole des Mutualités Libres. La dépendance est d'autant plus forte chez les jeunes que leur cerveau est en plein développement".
Interdire l'accès avant 16 ans en attendant la mise en place de garanties
L'impact de certains usages des réseaux sociaux est suffisamment préoccupant pour justifier une action publique rapide, argue la mutualité. Et cela va bien au-delà de responsabilisation des parents et des jeunes !
Concrètement, pour réguler les contenus diffusés aux mineurs, elle demande la mise en place de mécanismes concrets tels que la suppression du défilement infini, l'imposition d'un consentement explicite de l'utilisateur par rapport au contenu qu'il souhaite voir, la désactivation par défaut des fonctionnalités les plus addictives...
"Tant que l'architecture de ces plateformes reste optimisée pour capter l'attention et maximiser l'engagement émotionnel, aucune modération à la marge ne suffira à protéger les jeunes utilisateurs", prévient l'organisme assureur.
Raison pour laquelle, en attendant la mise en place effective des mécanismes de régulation des contenus, la mutualité libérale préconise d' interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans et d'en restreindre l'usage pour les 16-17 ans.
Accompagner les jeunes
Parallèlement à la régulation des plateformes, un travail éducatif et familial doit être réalisé, notamment en investissant davantage dans l'éducation aux médias et la prévention dès le plus jeune âge.
Les relations sociales, les loisirs et les moments de détente doivent pouvoir se vivre en dehors des plateformes numériques. Pour cela, il est important de proposer aux jeunes des alternatives attrayantes.
Une attention particulière doit être accordée aux jeunes les plus vulnérables sur le plan psychologique, souvent plus sensibles aux effets négatifs des réseaux sociaux.
