Un Incourtois accuse des policiers de violences, mais écope de cinq mois avec sursis
Un Incourtois a dû être "maîtrisé" par la police contre la console de son véhicule. Il a eu deux côtes cassées… et prend cinq mois avec sursis.
- Publié le 24-10-2026 à 05h59

Le 28 octobre 2024, un habitant d'Incourt aujourd'hui âgé de 25 ans a été privé de son permis de conduire suite à un contrôle d'alcoolémie.
D'après ce qu'il a expliqué devant le tribunal correctionnel, tout s'était passé dans le calme et comme il ne pouvait plus reprendre son véhicule pour rentrer, il s'est allumé une cigarette alors qu'il était assis dans sa voiture, en attendant que sa compagne vienne le chercher. Les policiers lui ont demandé d'éteindre cette cigarette, ce qu'il a refusé de faire puisqu'il ne voyait pas pourquoi on lui donnait cet ordre.
"Alors, ils se sont mis à deux sur moi", a-t-il affirmé, indiquant qu'il s'était rendu aux urgences par la suite parce qu'il avait été vraiment malmené. Et d'ailleurs, on a découvert qu'il avait eu deux côtes fracturées lors de cette intervention musclée. Il a déposé plainte au Comité P contre les intervenants.
Une plainte classée sans suite
Lorsque le dossier a été examiné une première fois par le tribunal correctionnel, cette plainte au Comité P et ses suites éventuelles ne figuraient pas au dossier et il a fallu attendre quelques semaines pour éclaircir ce point. Il est apparu, finalement, que la plainte avait été classée sans suite.
Du côté du ministère public, on a estimé que la version du prévenu, considérant que les policiers s'étaient jetés sur lui pour une cigarette, n'avait pas de sens. Ce qui s'est réellement passé, d'après la substitut, c'est que le contrôle n'était pas terminé. L'Incourtois avait soufflé une première fois et devait produire un deuxième souffle lorsqu'il a décidé d'allumer une cigarette.
Les policiers lui ont dit de ne pas fumer mais il l'a fait quand même. Alors, on lui a retiré cette cigarette de la bouche, et le gaillard, qui n'était pas content, a lancé un coup de poing en direction du visage d'un des policiers. C'est suite à ce geste qu'il a été maîtrisé dans l'habitacle de sa voiture, plaqué contre la console centrale afin que les agents puissent lui passer les menottes.
"Monsieur nous a dit qu'il avait agi par réflexe, parce qu'il ne savait plus respirer et qu'il avait été étranglé. Non, les choses ne se sont pas passées dans cet ordre-là. Le rapport qui a été établi ne fait d'ailleurs état que d'ecchymoses superficielles au cou. Il nous a dit aussi qu'il s'était débattu et que peut-être, il avait touché un policier. Mais je lis dans son audition qu'il a avoué avoir porté un coup, main fermée, au visage du policier. L'alcool aidant, cela a dérapé et aujourd'hui, il tente de s'en sortir en réécrivant l'histoire…"
L'avocate de la défense, elle, avait sollicité l'acquittement en affirmant que les policiers s'étaient bien montrés violents envers son client ce soir-là. Et que ce dernier s'était défendu parce qu'il avait été victime de cette violence injustifiée.
Le tribunal n'a pas suivi l'argument et estime que les préventions reprochées à l'Incourtois sont établies. L'homme écope de cinq mois d'emprisonnement assortis d'un sursis, et d'une amende ferme de 1 000 euros.

