Brice Depasse publie un livre sur les eighties: "Les années 80, ce n'est pas ringard"
Brice Depasse ("La Story" sur Nostalgie) consacre un bouquin à ses années 80. Des souvenirs de ses idoles (Lennon, Bowie…), des sons, des ambiances… L'occasion aussi de faire un lien avec la musique d'aujourd'hui.
- Publié le 18-12-2023 à 10h00

Les années 80 continuent de fasciner ceux qui les ont vécues. Et elles inspirent toujours les artistes d'aujourd'hui. Brice Depasse, l'animateur de La Story sur Nostalgie, avait 18 ans en 1980. Il revient sur cette décennie marquante au travers de divers souvenirs liés à certains artistes majeurs de cette décade, de John Lennon à Michael Jackson en passant par Bowie, Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel ou Roxy Music.
Brice, quel est votre premier souvenir de 1980 ?
Je suis en dernière année d'humanités et la première chose qui me vient à l'esprit, ce sont les 45 Tours des Buggles. Celui que tout le monde a retenu, c'est Video Killed The Radio Star sort en septembre 1979, mais ils en ont sorti d'autres et j'allais chaque fois les acheter. Et après, j'ai regretté de ne pas avoir directement acheté le 33 Tours (rires) !

Qu'est-ce que la musique des Buggles avait de particulier ?
Elle incarnait vraiment cette époque moderne dans laquelle on rentrait. Car qui dit Buggles dit synthés, et même s'ils existaient depuis des années, ils vont devenir populaires dans les années 80 car on va pouvoir les acheter. Ils vont petit à petit rentrer dans les maisons, comme les micro-ordinateurs ZX81, les consoles Atari, les lecteurs vidéo…
C'est à partir de 1980 que votre collection de disques va croître…
Oui ! Jusqu'en 1980, j'avais très peu de disques et à partir de cette date, j'ai commencé à en acheter beaucoup. J'étais d'autant plus motivé que je faisais de la radio libre et qu'il fallait des disques pour animer l'antenne. Nous les amenions nous-mêmes, sans savoir si quelqu'un nous écoutait d'ailleurs (rires). Et puis j'achetais des revues comme le NME ( New Musical Express) pour me tenir au courant de ce qui sortait.
Les années 80, ce sont des années remplies de tubes intemporels. Comment l'expliquer ?
À l'époque, il ne s'agissait pas de faire la même chose que les autres. C'était fondamental pour se faire remarquer. Aujourd'hui, quand on veut faire un tube, on essaye de retrouver les sons que les autres ont utilisés et finalement, tout fini par se ressembler. Ce phénomène existait déjà avant: les Beatles ou Céline Dion ont été copiés, mais cela sonnait quand même différemment. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. D'ailleurs, les DJ et les jeunes aujourd'hui, ils ne parlent plus d'un morceau ou d'une chanson, mais d'un son. C'est révélateur de la démarche.

Et le "son" des années 80 est toujours copié aujourd'hui. L'un des meilleurs exemples, c'est "Blinding Lights" de The Weeknd…
Oui ! Je l'évoque dans mon livre. C'était le plus gros tube de l'année 2020 et quand on écoute l'intro, on pense immédiatement à Take on Me de A-Ha. Un autre exemple, c'est le deuxième album de Dua Lipa, Future Nostalgia. Elle y met du saxophone, elle remet de la guitare rythmique… Ce ne sont que deux exemples, mais il y en a plein. Et c'est ce qui fait que les années 80, ce n'est pas ringard. Et quand les jeunes regardent Stranger Things et découvrent Kate Bush, elle devient numéro un aux États-Unis, ce qu'elle n'était pas parvenue à faire dans les années 80. Mon plus jeune fils, qui a 19 ans, il a sa playlist années 80 sur Spotify et il me dit qu'il aurait voulu vivre dans les années 80. C'est ça qui m'a poussé à écrire ce livre.

Quel est l'objet que vous avez gardé de cette époque et dont vous ne voulez absolument pas vous séparer ?
Le premier album de New Musik, From A to B. Pour moi, c'est un album fondateur. C'est un groupe qui passait souvent sur Radio Cité. C'était un son nouveau, tout en étant très pop. Tony Mansfield, le leader, est ensuite devenu un grand producteur. C'est lui qui va faire Wot ! de Captain Sensible, le premier album Hunting High and Low de A-Ha, il va aussi produire pour Simple Minds, Paul McCartney… Il doit rester deux fans de New Musik en Belgique, c'est Frédéric Jannin et moi ! (rires)
Brice Depasse, "Nos années 80", Chronica, 19,99 €.
