Moins de voitures d'occasion, forte demande: les prix montent
Les voitures d'occasion se vendent bien, mais il en manque sur le marché. Les prix sont en train de monter.

- Publié le 26-10-2020 à 06h00

Nous avons posé la question à Frédéric Vassamillet, responsable commercial chez Soco, un des leaders du marché de l'occasion en Belgique. "Il est exact que c'est une difficulté de trouver des véhicules sur le marché", dit-il. La société Soco dispose d'une cellule d'achats rodée, mais les principales sources d'approvisionnement "sont en train de se tarir", que ce soit du côté des concessionnaires ou des sociétés de leasing, sur le marché intérieur comme en provenance des pays européens. "C'est dans toute l'Europe. On a cru que cela allait se résorber mais ce n'est pas le cas."
Avec la crise sanitaire, et surtout le confinement, le marché automobile s'est ralenti. Mais si, après la chute vertigineuse d'avril, les immatriculations de véhicules neufs n'ont que très timidement repris (+2,4% en septembre, ce qui laisse un recul annuel cumulé de -24%), le marché de l'occasion s'est bien redressé.
Quatre mois de hausse
En occasions, les quatre mois qui ont suivi la dégringolade ont marqué, contrairement au neuf, un net rattrapage, dépassant les chiffres d'immatriculations de l'an dernier (+15% en septembre). "On s'attend en fin d'année à une baisse d'environ 5%", souligne Filip Rylant, chez Traxio.
Une explication est la disponibilité immédiate des voitures d'occasion, alors que les délais de livraison des véhicules neufs demeurent plus longs qu'en temps normal. Les chaînes de montage ont été affectées par la crise sanitaire. Et "le passage aux tests RDE2 (Real Driving Emissions Step2) renforce cette situation car ces tests prennent plus de temps", explique la Fédération du secteur automobile.
Les gens roulent moins
"Chez Soco, nous disposons en permanence de 800 à 1000 véhicules livrables immédiatement", précise Frédéric Vassamillet, qui souligne aussi que, avec la montée du télétravail, les gens font moins de kilomètres. Avec le Covid, ils préfèrent aussi éviter les transports en commun, une voiture d'occasion fait souvent l'affaire.
Comme le besoin de déplacements a diminué avec la crise sanitaire, les automobilistes peuvent garder leur voiture plus longtemps. Les concessionnaires ont eu moins de "reprises" et, vu la forte demande en occasion, ils les revendent eux-mêmes.
Les sociétés de leasing ont également concédé aux entreprises clientes des prolongations de contrats. Or, ce sont elles qui alimentent en grande partie (21%) le marché de l'occasion, détaille Filip Rylant. Dans le même temps, frappées par la chute du tourisme et des voyages d'affaires, surtout dans les aéroports, les sociétés de renting (loueurs à court terme) ont moins acheté de voitures neuves, qu'elles revendent après quelques mois d'utilisation. Une autre source tarie pour le marché de l'occasion.
Hausse des prix
Davantage de demandes et moins d'offres de véhicules: la loi du marché fait que les prix devraient forcément grimper. "Les sociétés de leasing ont tendance à hausser leurs prix et les gens qui ont des voitures à écouler ont voulu les revendre plus cher." On observe du coup "chez certains confrères", qui ne veulent pas rogner leur marge, une hausse des prix pour le client final, reconnaît Frédéric Vassamillet.
Tout en jurant que, chez Soco, "en toute franchise, on n'a pas suivi cette tendance. Nos prix étaient fixés et la différence n'est, pour le moment, pas énorme. On s'est dit que ce serait passager. On l'espère du moins, sinon ce sera un problème pour le consommateur."
"On espère que le marché va retrouver sa norme. Il ne faudrait pas que la situation se poursuive trop longtemps", ajoute le responsable commercial. "Si ça continue comme cela, ça voudra dire que c'est toute la vie économique qui ne reprend pas."
