La défense de Maikel Etta plaide l'acquittement pour la préméditation

Me Sokol Vljahen, conseil de l'accusé Maikel Etta, a soutenu, mercredi en fin d'après-midi, devant la cour d'assises de Bruxelles, que son client n'a pas prémédité de tuer la victime. "Il n'avait jamais envisagé d'en arriver là. C'est un meurtre sans préméditation", a-t-il déclaré. Dans ce procès, Maikel Etta, un homme de 21 ans, est accusé d'avoir tué Laura Maria Berzigheanu, une jeune prostituée de 19 ans, le 23 mai 2018, rue des Platanes à Etterbeeek. Il a expliqué avoir demandé à la victime de le rembourser pour une précédente prestation qu'il avait estimée plus courte que prévu, mais celle-ci a refusé. Il l'a ensuite poignardée et frappée avec un marteau.

La défense de Maikel Etta plaide l’acquittement pour la préméditation
- ©BELGA

Me Sokol Vljahen a estimé que le fait que son client avait dans son sac un couteau et un marteau n'était pas un élément pouvant fonder la circonstance aggravante de préméditation.

L'accusé avait déclaré, lors de l'interrogatoire, qu'il avait toujours ce couteau, type canif, dans son sac, et qu'il se servait du tire-bouchon et du coupe ongles. Quant au marteau, il a précisé qu'il s'en était servi peu avant les faits pour casser les lattes d'un sommier destinées à être jetées.

L'accusé avait également affirmé qu'il prenait toujours son sac lorsqu'il sortait de chez lui. Il l'avait décrit comme un sac en bandoulière pour ordinateur portable.

"Il faut se rappeler qu'au moment des faits mon client a 19 ans. C'est un jeune et, comme beaucoup de jeunes, oui, il a toujours son sac avec lui. Certains sont plutôt sac à dos, d'autres sac en bandoulière. Ils ne transportent pas toujours grand-chose dedans mais ils aiment l'avoir sur eux. Et, j'ai fait l'expérience dans mon entourage, beaucoup de personnes sont incapables de dire exactement tout ce qu'il y a dans leur sac", a plaidé Me Vljahen, estimant que cela conforte la version de son client selon laquelle il avait oublié la présence du marteau dans sa besace.

Mercredi en fin d'après-midi, Me Yannick De Vlaemynck, également avocat de la défense, a aussi présenté ses arguments en faveur d'un acquittement sur base de l'article 71 du code pénal. Il estime que Maikel Etta se trouvait, au moment des faits, sous l'emprise d'une force irrésistible qui a aboli son libre arbitre et l'a empêché d'être maître de ses actes.

Le 23 mai 2018 vers 21h00, le corps sans vie de Laura Maria Berzigheanu, une jeune prostituée de 19 ans, avait été découvert dans l'appartement qu'elle occupait avec son compagnon, rue des Platanes à Etterbeek. Elle avait reçu cinquante-et-un coups de couteau et onze coups de marteau.

L'un de ses clients, Maikel Etta, est en aveu de la matérialité des faits. Il a déclaré qu'il était venu pour réclamer un remboursement à la victime, parce qu'il estimait que la prestation de l'avant-veille, qu'il avait payée 150 euros, n'avait pas duré le temps qui était convenu. Il a dit qu'il s'était emporté parce que la victime n'avait pas voulu le rembourser, s'était montrée agressive et l'avait insulté.

Il a avoué les coups de couteau et de marteau, affirmant avoir totalement perdu le contrôle de lui-même, mais a contesté toute préméditation.

L'accusé a également fait de nombreux parallèles entre la victime et son ex-petite amie qui venait de le quitter. Il a déclaré qu'il s'était senti "humilié" par la victime, et "frustré" lorsqu'elle a refusé de le rembourser, ce qui lui a rappelé les sarcasmes de son ex-petite amie envers lui.

Le procès se poursuivra jeudi avec les répliques. Le jury entrera ensuite en délibération.

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