La gestion des vidanges au self-drink Deffontaine: un véritable casse-tête
Outre la limitation de ses activités en raison de la crise sanitaire, le self-drink Deffontaine doit assurer la gestion des vidanges. Et ce n'est déjà pas simple en temps normal…

- Publié le 13-05-2020 à 07h00

Même s'il n'était pas confronté à l'obligation de fermeture durant la période de confinement, le self-drink de Bruyelle paie également un lourd tribut à la crise sanitaire.
"Nous travaillons à 15-20% de notre chiffre d'affaires, nous explique le patron Guy Deffontaine. La partie la plus visible de notre commerce, soit le self-drink proprement dit n'assure qu'une partie des rentrées financières.
L'essentiel vient en réalité de l'événementiel et de l'Horeca, deux secteurs avec lesquels nous travaillons en temps normal mais qui sont actuellement quasiment à l'arrêt. Sans oublier la clientèle française, qui représente environ 60% de celle qui fréquente le magasin, et que nous ne voyons plus depuis la fermeture des frontières.
Nous avons mis au chômage économique notre personnel (soit 5 travailleurs et 2 étudiants) afin de le préserver sanitairement, sachant que sur le verre, le virus peut être présent durant 9 jours, d'après les infos dont nous disposons. Nous travaillons donc à deux, Fabienne (N.D.L.R.: son épouse) et moi-même.
Occasionnellement avec notre fille, et ce afin de garder la tête hors de l'eau et assurer les frais fixes. C'est pourquoi nous ne savons ouvrir le magasin que 3 heures par jour pour nos clients belges de proximité et nous avons choisi le matin en semaine afin de garder notre philosophie sanitaire mais aussi pour effectuer nos commandes, pour réassortir les rayons, gérer la comptabilité et les livraisons de nos clients, ainsi que les bureaux et entreprises en activité…"
Au sein du self-drink bruyellois, près de 300 000 vidanges (et 70 000 casiers) sont manipulés chaque année. Parmi les premières, certaines ne peuvent être rendues aux fournisseurs pour les raisons évoquées dans cet article.
Pas plus que trente bouteilles en vrac en plus des casiers…
La crise sanitaire implique une gestion plus drastique de la reprise des vidanges comme cela est rappelé surla page FB du self-drinkainsi que sur la façade du bâtiment: "reprise de casier complet (ou non) d'un même produit ou d'un même calibre de bouteille dans le casier adapté, reprise de bouteilles en vrac: maximum 30 bouteilles par client, à déposer sans sac ni carton, dans l'étage supérieur de votre caddie et pas de reprise de casier non trié".
C'est que, déjà en temps normal, ce type de gestion n'est vraiment pas évident:
"Notamment parce qu'il existe plusieurs types et calibres de bouteilles en verre consigné provenant de brasseries et/ou de limonadiers, de sources thermales, de producteurs locaux, poursuit Guy Deffontaine. Or, nous les recevons des brasseries/fournisseurs dans des casiers estampillés de la marque et nous devons obligatoirement (sous peine d'amendes ou de non-remboursement) les renvoyer dans la même configuration (pas de bouteilles étrangères au fournisseur). Nos clients belges et français viennent avec des vidanges de toutes provenances (y compris de bouteilles achetées ailleurs) et c'est une facilité pour eux dans la mesure où nous effectuons le tri nous-mêmes. De sorte que le client n'est pas amené à manipuler les bouteilles comme il doit le faire dans la grande distribution où il doit les rentrer dans une machine une par une. Nous recevons également pas mal de vidanges de bouteilles achetées en France car il n'y a généralement pas de consigne de ce côté-là de la frontière.
