Cette PME a pu anticiper la crise: pourquoi et comment?
Oxycure, Noville-les-Bois, loue des concentrateurs d'oxygène aux maisons de repos et aux particuliers. Elle a vu arriver la crise en février et a mis les moyens pour l'anticiper. Personnel, clients et activités ont été préservés.

- Publié le 25-04-2020 à 07h00

"Début mars, on a vu que quelque chose arrivait. Alors on s'est équipé. On a acheté tout le matériel de protection pour le personnel, chemise, pantalon, combinaison, masque, gants, des containers pour désinfecter le matériel…": Chantal Hardy n'est pas devin. Avec son mari, ils gèrent la société Oxycure qui loue des concentrateurs d'oxygène destinés aux personnes en déficit respiratoire (lire ci dessous).
Chantal Hardy et son mari ne sont pas devins et ne sont pas entourés d'expertes. Pourtant, ils n'ont pas été pris de court et ont vu arriver la vague déferlante du coronavirus. Ils ont anticipé et acheté le matériel nécessaire à la sécurité de leur personnel.
La sonnette d'alarme dès février
"Notre activité est cyclique et est liée à l'évolution de la grippe. Nous savons que pendant la période où elle sévit, la demande d'appareils est plus forte. C'est comme ça que fin février de cette année, on a vu que la courbe qui naturellement doit fléchir significativement n'a pas fléchi, justement. Au contraire, on a remarqué que la demande restait soutenue.
Nous nous sommes renseignés, nous avons commencé à nous équiper, tout de suite. Nous avons consacré trois personnes à temps plein rien que pour ça."
Au niveau de la demande: "Normalement, entre les particuliers et les maisons de repos, c'est 50/50. Mais, début mars, au niveau des maisons de repos, c'est parti en flèche. Elles demandaient même des concentrateurs de réserve, nous avons dû mettre le holà et ne fournir du matériel que lorsqu'il y avait un besoin signalé. De façon à pouvoir répondre à un maximum de personnes. Il n'était pas et n'est toujours pas question de stocker du matériel qui ne sert à rien."
Fournisseur en Allemagne
Autre aspect de cette crise illustré à l'échelle de l'entreprise: "Nous avons la chance que notre fabricant est situé en Allemagne. C'est comme ça que nous avons pu commander beaucoup de concentrateurs supplémentaires. Évidemment, il est impossible de faire face à toute la demande mais nous avons pu sérieusement augmenter notre capacité de réponse." Cela aurait-il été le cas avec un fournisseur chinois?
Voilà une petite entreprise qui ne connaît pas la crise. Comment? En étant attentive, en mettant les ressources nécessaires au moment ad hoc, cette PME a été en mesure d'être fin prête quand la crise s'est déclarée officiellement. Protégeant son personnel, ses clients et ses activités.

ptait déclasser pour faire face à la demande. Même chose pour les camionnettes, on a conservé les anciennes. On a engagé des assistants mais ce n'est pas évident parce qu'il faut le former. Et ce n'est pas le bon moment. Le personnel est nettement plus sollicité aussi. Ça tourne tout le temps. Actuellement, c'est 90 personnes sur le pont. Commercialement, ce n'est pas nécessairement bon, parce qu'on ne peut rencontrer toute la demande. Financièrement? Ça augmente le chiffre mais cela a occasionné aussi beaucoup d'investissements. Mais quand le personnel se décourage face à toutes ses demandes qu'on ne peut rencontrer on dit "regardez déjà tous ceux qu'on a pu aider"."
Les mesures de sécurité ont été efficaces: "Dans le personnel, on a moins de malades qu'en temps normal. Nous devons le protéger ainsi que leur famille. Les consignes sont claires et nous avons investi dans le matériel de protection, avec les lave-linge industriels mais aussi dans des containers où les concentrateurs passent pour une première désinfection quand ils reviennent de chez les patients. Avant une deuxième désinfection dans un autre local. On doit protéger aussi nos clients."