INTERVIEW | Julia Vignali: "Je suis passée à côté d'occasions en or!"
Ce mardi soir, dans "Mon admirateur secret", Julia Vignali joue aux entremetteuses sur RTL TVI. "Ils viennent chercher une réponse."
- Publié le 14-04-2020 à 07h00
- Mis à jour le 14-04-2020 à 09h48

Julia Vignali, quel est le principe de "Mon admirateur secret"?
Cela consiste en la rencontre entre deux personnes dont l'une est secrètement amoureuse de l'autre. C'est très simple en fait. Et je regrette de ne pas avoir eu l'idée afin de produire moi-même l'émission (rires).
Comment faites-vous pour garantir que les candidats sont sincères et ne viennent pas pour juste passer à la télé?
C'est ça qui est extrêmement compliqué. C'est d'ailleurs pour ça qu'il n'y a pas plus d'émissions. On attend d'avoir suffisamment de candidats sincères pour organiser un tournage, et donc cela peut prendre des mois. Maintenant, comme l'émission marche bien, il y a plus de gens qui se présentent au casting et cela devient de moins en moins difficile.
Quand vous voyez que quelqu'un a déjà participé à trois ou quatre émissions, vous pouvez légitimement douter de la sincérité de la démarche.
Les "faux" candidats, vous les repérez comment?
Parfois, lors du casting, il arrive que l'on se regarde avec l'équipe parce que l'on a un doute sur la sincérité du candidat. Lors de ces castings, nous sommes quatre et nous travaillons aussi avec un psychologue, dont le boulot est, entre autres, de vérifier la crédibilité de la démarche. Et puis, nous avons aussi les réseaux sociaux. Quand vous voyez que quelqu'un a déjà participé à trois ou quatre émissions, vous pouvez légitimement douter de la sincérité de la démarche. J'espère qu'on ne s'est jamais fait avoir…
On m'a demandé si on ne prenait que des petits (rires). Mais je rassure tout le monde: c'est moi qui suis grande.
Ce que l'on constate en visionnant l'émission, c'est que tout le monde a un amour secret: les timides comme les gros durs, les jeunes comme les vieux, les filles comme les garçons, les hétéros comme les homos…
C'est tout à fait ça! Je me souviens par exemple d'un Monsieur trop mignon qui était en cours de théâtre avec une dame d'un peu près son âge, c'est-à-dire 70 ans, et qui a choisi l'émission pour faire sa déclaration. Il est arrivé avec une rose et un nœud papillon. Et puis on a eu aussi une lesbienne qui a fait sa déclaration d'amour à sa copine hétéro… L'amour est universel, cela concerne les pauvres, les riches, les grands, les petits… Je dis ça parce qu'on m'a demandé si on ne prenait que des petits (rires). Mais je rassure tout le monde: c'est moi qui suis grande (NDLR: 1 m 80).
Votre rôle c'est d'accueillir les candidats mais aussi de le mettre en confiance, je suppose. Vous leur faites boire un petit verre avant?
(rires) On n'a pas le droit! Donc c'est moi qui remplace le petit verre! Mon rôle est de les motiver, de les recentrer, de leur dire que c'est maintenant ou jamais… Car c'est important que, comme en équitation, il n'y ait pas de refus d'obstacle.
Vous n'en avez jamais eu?
Non! C'est d'ailleurs pour ça que les gens participent, pour éviter le refus d'obstacle. Quand vous êtes à la machine à café, c'est facile de se débiner. À la télé, il y a quand même une dizaine de personnes présentes, vous avez fait la démarche de venir sur le lieu de tournage… C'est compliqué ensuite de faire marche arrière. La deuxième raison pour laquelle les candidats nous disent qu'ils préfèrent le faire à la télé, c'est parce que cela renforce le caractère sérieux de leur démarche.
Et comment gérez-vous les refus?
En général, les candidats le gèrent très bien eux-mêmes. Je n'ai jamais vu quelqu'un dévasté par un refus. Parce qu'avant de venir chercher un oui, ils sont venus chercher une réponse. Bon, évidemment, quand c'est un "oui", ils sont plus contents que quand c'est un "non". Mais dans tous les cas, ils sont soulagés. Ce n'est pas une émission qui génère des "perdants". C'est une émission où l'on repart toujours avec quelque chose. Pour moi, c'est une émission utile et bienveillante.
Je reconnais que cette émission peut prêter à discussion. Mais ce qui met fin à cette discussion, c'est la sincérité des gens qui y participent.
Et personne ne s'est encouru non plus en voyant débarquer son amoureux secret?
Non. Ce qui peut arriver, c'est que le rendez-vous ne dure pas longtemps. L'émission est évidemment montée, mais parfois, en temps réel, le rendez-vous peut durer une heure. Parfois c'est cinq minutes. Il n'y a pas de règles. Et c'est le reflet de la réalité.
Donc quand Géraldine Maillet dit dans TPMP qu'il y a "un voyeurisme déplacé et une sorte d'exhibitionnisme de l'intime", vous lui répondez quoi?
Elle a droit de se tromper (rires). Peut-être que si je regardais cette émission en tant que simple téléspectatrice, je pourrais avoir cette vision. Je reconnais que cette émission peut prêter à discussion. Mais ce qui met fin à cette discussion, c'est la sincérité des gens qui y participent et de celle qui l'anime. Si ça ne faisait pas du bien aux gens, je serais vraiment embêtée de la présenter. Mais ce n'est pas le cas.
Vous avez des nouvelles des candidats ensuite?
Bien sûr, ils m'en donnent sur les réseaux sociaux. Certains m'envoient des photos. Et à la fin de l'émission, on a une petite séquence "Que sont-ils devenus?" où l'on raconte qui a fait qui avec qui.
J'ai raccroché des téléphones mille fois après avoir composé les 7 premiers numéros. Je ne suis pas courageuse.
Vous, dans votre vie personnelle, il vous est arrivé aussi de cacher vos sentiments pour quelqu'un?
Je n'ai fait que ça. J'ai raccroché des téléphones mille fois après avoir composé les 7 premiers numéros. Je ne suis pas courageuse. Je suis passée à côté d'occasions en or! Car j'ai appris ensuite que certains auraient été ravis que je fasse le huitième numéro (rires). Mais je l'ai appris trop tard, quand eux étaient en couple ou que moi je l'étais.
Fin de l'année dernière, vous aviez dit dans plusieurs interviews que vous vous étiez mise à l'écriture d'un scénario de film. Cela avance?
Dans long-métrage, il y a long (rires). C'est long mais oui, ça avance… Mais la période est propice pour écrire. Et sortir des idées de ma tête et voir qu'ensuite, elles existent sur le papier, cela m'enchante. Je travaille à distance avec le scénariste en chef. J'ai plutôt un rôle de productrice, je coordonne l'écriture…
Ce sera quel type de film?
Une comédie romantique. Ça me colle à la peau (rires). Mon admirateur secret, je l'envisage comme une comédie romantique avec Hugh Grant à l'intérieur. C'est le truc qu'on regarde dans son canapé en chaussons à Noël (rires).
Vous avez déjà en tête le casting?
Oui mais par superstition, j'ai pas envie d'en dire plus. J'en parlerai une fois qu'on a obtenu le financement.
J'aurais dû tourner à partir du 27 avril une nouvelle saison du Meilleur pâtissier.
Au niveau des tournages d'émission, la crise actuelle vous impacte?
Oui, évidemment. J'aurais dû tourner à partir du 27 avril une nouvelle saison du Meilleur pâtissier. Je travaille sur le contenu, je m'apprête à passer un coup de fil à tous les participants. Je n'ai jamais le temps de le faire et là je vais le faire pour les connaître à distance avant de les rencontrer lors du tournage. Peut-être début juin ou juillet… Je sais en tout cas que je ne prendrai pas de vacances.
Il y aura des Belges dans Le meilleur pâtissier?
Oui, il y aura une Belge, comme toujours.
Et dans "Mon admirateur secret", il y a des Belges?
Ah oui, bien sûr, le casting est ouvert à tout le monde. Vos lecteurs peuvent s'inscrire, il n'y a pas de problème. Dès qu'ils seront "déconfinés"…
RTL TVI, 21.55
