Waterloo: les clients pillent les rayons du magasin
David, le plus ancien travailleur du Colruyt de Waterloo, n'en croit pas ses yeux. Les clients pillent littéralement les rayons de ce magasin.
- Publié le 14-03-2020 à 06h34
"En sept ans et demi de maison, je n'ai jamais vu ça, témoigne David, du Colruyt de Waterloo. Ce vendredi matin et jeudi soir déjà, on avait des files qui se prolongeaient à partir des caisses et serpentaient dans les allées du magasin, c'est assez fou. Les clients se ruent sur les pâtes, le riz, l'eau, tout ce qui est non périssable, sur bien d'autres choses aussi, le papier toilette notamment. Alors qu'on a tout en stock et que rien n'est en rupture ou pénurie."
Pour faire face à cette affluence extraordinaire, la grande surface a été obligée de renforcer ses services et d'appeler des collègues à l'aide. "Il y a énormément de clients tout le temps, avec certains pics incroyables. Du coup, on fait tous des heures supplémentaires."
La sécurité des employés n'a pas été oubliée, même si forcément, vu les affluences records, ils sont en première ligne.
Dégustations supprimées, machines à café débranchées
"Cela fait quelque temps maintenant qu'on nous encourage à nous laver les mains régulièrement et/ou à nous désinfecter. Surtout quand on est en charge des caisses, la situation la plus à risque. Enfin, on se salue tous de loin, ajoute David avec un sourire. Même si vu le monde, je ne suis pas sûr que ça serve à grand-chose."
Autre mesure, les dégustations de produits ont été supprimées.
"Les dégustations ont été supprimées depuis une grosse dizaine de jours maintenant. Les machines à café ont également été débranchées. Enfin, de mon côté, les dégustations de vin offertes aux clients ont aussi été annulées."
"Il y a des gens plus mal lotis que nous"
Côté vie privée, comme bon nombre d'autres travailleurs, David doit s'organiser.
"Mon fils est en stage, il faudra voir ce que ça donne. Et ma fille prenait le bus pour aller à l'école. Mais ce matin je l'ai conduite. Il faut s'organiser, d'autant plus que ma femme est institutrice, conclut David. Mais il y a des gens plus mal lotis que nous. Avant, j'avais un restaurant, et ça aurait été nettement plus compliqué…"
