Gozée: la mariée a bien "pissé au trou"
L'inauguration des festivités a eu lieu jeudi soir par la plantation de la perche au pied duquel le grand feu sera allumé samedi.
- Publié le 29-02-2020 à 00h00

C'est escortés de la fanfare Les Gauf' au lard dont les musiciens étaient vêtus du traditionnel sarrau bleu et du mouchoir de cou rouge à pois blanc, qu'ils ont été accueillis par un tonnerre d'applaudissements dans la salle des fêtes de Gozée La-haut où les attendaient avec impatience près de 300 personnes.
Émilie et Quentin sont les derniers mariés de l'année. Ils se sont dit oui en octobre. Lui est originaire de Ham-sur-Heure, elle de Sars La Buissière. Habitant depuis plusieurs mois à Gozée, ils s'y sont mariés.
La tradition veut que le dernier couple de mariés de l'année soit invité le jeudi du grand feu lors de la plantation de la perche et qu'en guise de fécondité, la mariée "pisse au trou".
"Au moment d'arriver à Gozée, j'avais lu que la tradition voulait que les derniers mariés de l'année avaient un rôle particulier à jouer au moment du grand feu. Nous nous sommes mariés en octobre et à l'époque je me souviens que j'avais plaisanté avec Quentin en lui disant que ce serait peut-être nous les derniers mariés de l'année" se souvient Émilie.
Acteurs du folklore local
Et quelques mois plus tard, les voilà chaleureusement applaudis par les villageois qui saluent leur intégration et leur implication dans le village. Il est vrai qu'ils viennent de participer activement au premier acte des festivités.
A la nuit tombante, dans un champ balayé par un vent glacial, quelque part à l'intérieur d'un triangle formé par les lieux dit du Beaudribus, de la Logette et du Tilleul, la perche attend les jeunes mariés. Au bout de sa vingtaine de mètres, des bénévoles terminent le trou qui accueillera bientôt l'imposante hampe. Émilie s'en approche.
Une vingtaine de minutes
Après avoir noué quelques rubans au sommet du branchage, elle est invitée à "pisser au trou" afin de fertiliser la terre. Ce rituel a lieu en musique, à la lueur des phares d'un 4X4. Freddy et ses musiciens sont radgèlés mais ils enchaînent les arguèdennes: Titine, La p'tite gayolle, Mets du feu dans la cheminée, Maman m'a dit… Tout y passe. Ce cérémonial presque intimiste dure une vingtaine de minutes.
Après quoi, il est temps de rentrer à la salle pour se réchauffer. On trinque à leur santé, on boit un verre, on rencontre des voisins.. et bien sûr, on savoure les traditionnelles gaufres. En guise d'intégration, on ne peut mieux espérer. Les festivités du grand feu ont bien commencé.

C'est la tradition à Gozée. Durant la cérémonie de la perche, les villageois attendent patiemment à la salle des fêtes en dégustant de savoureuses gaufres.
Une douzaine de dames ont généreusement donné de leur temps pour que perdure la tradition. Elles ont cuit vingt et un kilos de gaufres suivant une recette dont elles gardent précieusement le secret.
"Elles sont uniques. Vous n'en trouverez nulle part ailleurs", nous dit l'une d'entre elles… Vingt et un kilos de pâte, cela représente combien de gaufres? Là, elles ne sont pas toutes d'accord. Certaines en cuisent 55, d'autres 51. " Cela varie suivant la grandeur du fer et bien sûr de la manière dont la pâte est mélangée", assure une autre…
Elles ont allègrement dépassé le millier de gaufres pour le plus grand plaisir des villageois.