Clavier: vendredi, on djôse wallon à l'école de Bois-et-Borsu
Depuis octobre,les élèves de 5e et 6ede l'école communalede Bois-et-Borsu apprennent le wallon avec des bénévoles.
- Publié le 29-01-2020 à 07h58

C'est vite devenu une tradition à laquelle ils tiennent. Un vendredi après-midi par mois, les élèves de Madame Roxane parlent wallon. L'ambiance est un peu chaude (fin de semaine oblige) mais aussi étonnement studieuse.
Devant le tableau, deux bénévoles, Marc Henrot et Betty Wilmart, sont calés sur leurs chaises et donnent la leçon. Ce vendredi, elle est particulièrement ludique: on chante et on récite des poèmes. Le petit baffle de Marc crache un air folklorique et tout le monde s'en donne à cœur joie. Même si, dans la bouche des enfants, la langue de nos aïeux a parfois du mal à se former, et que pour Lionel, 12 ans, "l'finièsse" devient assez naturellement "l'fitness".
Mais comme dirait Marc, l'important c'est de se lancer. "J'ai toujours parlé le wallon, mais j'ai très peur qu'il se perde", explique le bénévole, qui n'a pas beaucoup hésité quand on lui a proposé de venir donner cours aux enfants. L'apprentissage par la chanson – certaines sont des compositions personnelles – c'est son idée. "Je suis allé en vacances en Corse, et là-bas, c'est comme ça qu'ils font pour faire perdurer leur langue", sourit-il.
À Madame Roxane, l'institutrice, on ne peut s'empêcher de demander l'intérêt pédagogique de tout cela. "Honnêtement, pour moi, c'est très émotionnel et affectif", explique-t-elle en évoquant la langue que parlaient ses grands-parents à la ferme, et l'amour de son père pour le théâtre wallon. "Et puis ce serait triste de l'oublier, non? C'est une langue riche, qui peut leur ouvrir l'esprit."
De toute façon, les enfants, eux, ne se posent pas trop de questions. Ils passent du bon temps. "Les expressions sont marrantes et j'aime bien la prononciation", témoigne Lara, 10 ans, qui chante avec cœur au premier rang. "C'était notre langue avant, alors ça me semble important", avance plus sérieusement Lionel. Quant à Romane, 11 ans, elle n'y va pas par quatre chemins. "C'est quand même plus sympa que le néerlandais." Là, personne ne pense à lui donner tort.
