La star du PSG Achraf Hakimi, qui dispute la Coupe du monde de football avec le Maroc, sera jugée pour viol
Le footballeur Achraf Hakimi, actuellement au Mondial avec la sélection du Maroc, sera jugé pour viol devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine, a confirmé la cour d'appel de Versailles ce vendredi 19 juin 2026. Une décision qui tombe alors que la star du PSG joue en fin de soirée face à l'Ecosse.

- Publié le 19-06-2026 à 11h25
- Mis à jour le 19-06-2026 à 11h53

En pleine Coupe du monde de football aux États-Unis, au Mexique et au Canada, on apprend ce vendredi 19 juin 2026 que l'une des stars de la compétition, le Marocain Achraf Hakimi sera jugé pour viol devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine.
La décision a été communiquée par la cour d'appel de Versailles, alors que le Maroc jouera ce soir son 2e match au Mondial, face à l'Ecosse à minuit, après avoir partagé face au Brésil lors de son entrée en lice.
"Si vous n'étiez pas connu, il n'y aurait jamais eu d'affaire"
Les premières réactions n'ont pas tardé dans les deux camps : une "victoire judiciaire" pour la plaignante et une occasion d'" enfin" pouvoir "parler" selon le capitaine de la sélection marocaine, qui a réagi sur X. "La justice m'a regardé dans les yeux et m'a dit : 'Si vous n'étiez pas connu, il n'y aurait jamais eu d'affaire'," a notamment publié Hakimi.
La star du PSG, sacrée joueur africain de l'année, est mise en cause depuis février 2023 par une jeune femme qui s'est rendue dans un commissariat où elle a déclaré avoir été violée par le footballeur.
"Des charges suffisantes" à l'encontre d'Achraf Hakimi
"Les investigations menées durant l'enquête et l'information judiciaire ont conduit la chambre de l'instruction à dire qu'il existe des charges suffisantes à l'encontre" d'Achraf Hakimi "justifiant sa mise en accusation devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine", a précisé la cour d'appel de Versailles dans un communiqué.
Le joueur du PSG et leader de l'équipe du Maroc, dont l'équipe joue son deuxième match de Coupe du monde ce vendredi soir contre l'Ecosse, a toujours dénoncé une "fausse" accusation. Il avait fait appel de l'ordonnance du juge d'instruction l'ayant renvoyé en février pour viol.
Hakimi : "Enfin, je pourrai parler"
A peine la décision rendue par la cour d'appel, le joueur a déclaré sur X attendre le procès "avec impatience", assurant : "Enfin, je pourrai parler".
La date du procès n'est pas connue à ce stade. Interrogée sur un éventuel pourvoi en cassation, l'avocate du joueur, Me Fanny Colin, ne se prononce pas.
"Cette confirmation était attendue. Il n'est pas dit ici qu'il est coupable de quoi que ce soit, il est ferme dans sa défense", a rappelé Me Colin, qui précise que son client "a beaucoup de choses à dire".
"C'est donc à ce stade un total de six magistrats qui a estimé que les éléments à charge dans ce dossier sont si nombreux qu'ils justifient la mise en accusation d'Achraf Hakimi devant une cour criminelle départementale", a réagi à la sortie de la salle d'audience Me Rachel-Flore Pardo, qui défend la partie civile.
"Traînée dans la boue"
"Après plus de trois ans de combat judiciaire, après avoir été calomniée et traînée dans la boue par la défense d'Achraf Hakimi, cette décision suscite chez ma cliente soulagement et espoir", a-t-elle ajouté dans un communiqué.
Selon une source policière à l'époque des faits, la jeune femme d'alors 24 ans avait raconté avoir fait connaissance avec Achraf Hakimi en janvier 2023 sur le réseau social Instagram et s'être rendue chez lui dans un VTC (voiture de transport avec chauffeur) commandé par le joueur. Elle expliquait ensuite que le joueur l'avait embrassée puis touchée sans son consentement avant de la violer.
Elle ajoutait qu'elle était parvenue à le repousser et précisait qu'une amie, contactée par SMS, était venue la récupérer.
Achraf Hakimi avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire quelques jours après, en mars.
Me Colin, à la sortie de l'audience, a dénoncé ce qu'elle qualifie de "justice de classe à l'envers". "Cette enquête n'a été ouverte que parce qu'une main courante a été médiatisée par la presse", assure-t-elle, médiatisation due selon elle au fait "que M. Achraf Hakimi est une personnalité publique et qu'il est connu".
Pour la jeune femme qui dénonce ces faits pourtant, la fuite de sa déposition dans le journal Le Parisien constitue "le plus gros traumatisme de (sa) vie".
Jeanne (prénom d'emprunt) a déclaré à Mediapart jeudi, dans sa première prise de parole médiatique, vouloir "un procès pour (se) défendre, pour être entendue". "J'ai envie de me justifier. J'ai envie qu'on me croie", a-t-elle ajouté.
"Ce n'est jamais agréable pour ma cliente de voir celui qu'elle accuse de viol être acclamé, ovationné"
"Ce n'est jamais agréable pour ma cliente de voir celui qu'elle accuse de viol être acclamé, ovationné", souligne Me Pardo, pour qui "il y a encore un long chemin à parcourir pour la lutte contre les violences sexuelles dans le monde du football masculin".
L'arrière-droit dispute vendredi soir aux Etats-Unis le deuxième match de Coupe du monde pour l'équipe nationale du Maroc, contre l'Ecosse.
Malgré la gravité des accusations, le joueur semble focalisé pour le moment sur sa progression sportive et celle des Lions de l'Atlas. Désormais âgé de 27 ans, l'arrière-droit a débuté la compétition avec le brassard de capitaine.
