"Rocky" a 50 ans : Sylvester Stallone a écrit en 3 jours le scénario de ce film qui a lancé sa carrière
C'était il y a tout juste 50 ans. Les spectateurs découvraient l'histoire de Rocky Balboa, un jeune boxeur qui va affronter le champion du monde. Sylvester Stallone a non seulement joué le rôle principal, mais c'est aussi lui qui a écrit le scénario de ce film devenu culte.

- Publié le 26-10-2026 à 10h32

En novembre 1976, Sylvester Stallone a 30 ans et atteint enfin la gloire, après des années de galère. Cela grâce à "Rocky", un film dramatique réalisé par John G. Avildsen. Stallone, que l'on a connu par la suite pour ses rôles de gros bras notamment dans "Rambo" et "Demolition man", est aussi scénariste et ce qui lui a permis d'engranger les succès.
Son physique particulier est dû à une paralysie faciale, qu'il a contractée à la suite d'un accident lors de sa naissance. L'accouchement fut difficile et les médecins ont utilisé des forceps qui ont détruit un nerf facial. Cela ne l'a pas aidé à trouver des rôles à ses débuts, mais l'homme a toujours été un battant.
1. "Rocky" inspiré d'un combat contre Mohamed Ali
Réalisé par John G. Avildsen (réalisateur alors jeune qui signera aussi "Karate Kid" 1, 2 et 3 et décédera en 2018), "Rocky" raconte l'histoire de Rocky Balboa, boxeur amateur italo-américain de Philadelphie, aux origines modestes, qui se voit offrir une opportunité unique : celle de combattre pour le titre mondial face au champion en titre, Apollo Creed.

L'histoire fut inspirée à Stallone par un véritable combat entre le champion des champions Mohamed Ali et le peu connu Chuck Wepner en 1975. Ce dernier, bien que seulement semi-pro, était parvenu à mettre son prestigieux adversaire au tapis. Il fut finalement battu, mais sa résistance héroïque a marqué l'histoire de la boxe.
2. Sylvester Stallone était en galère jusqu'à "Rocky"
Avant d'écrire "Rocky", Sylvester Stallone avait terminé l'écriture d'un scénario tiré de son roman "Paradise Alley "(traduit plus tard en "La Taverne de l'enfer ").

Il propose l'histoire à Irwin Winkler et Robert Chartoff, producteurs travaillant pour United Artists, qui manifestent un certain intérêt. Cependant, Stallone, en difficulté financière, a déjà vendu les droits de ce scénario pour 500 dollars pour régler un retard de loyer. Mais le détenteur des droits est si arrogant que les deux producteurs laissent tomber.
Stallone évoque alors devant eux une autre idée. Celle d'un boxeur modeste qui se voit offrir l'opportunité unique d'affronter un grand champion. Le projet intrigue Winker et Chartoff, et Stallone écrit en 3 jours, au bic, une première mouture.
Les producteurs le suivent, mais ils veulent une star pour incarner le rôle principal genre Robert Redford, Burt Reynolds, ou Ryan O'Neal.
4. Un budget très limité pour "Rocky"
Stallone refuse que quiconque d'autre joue Rocky. Il tient à interpréter le rôle lui-même, au risque de perdre la vente du scénario.
Le studio accepte de produire le film, mais en réduit le budget à 1 million de dollars pour limiter les risques, un montant très très modeste pour l'époque.

Pour le rôle d'Adrian, la compagne de Rocky, Talia Shire (sœur du réalisateur Francis Ford Coppola), est choisie car on trouve qu'elle dégage la vulnérabilité et la douceur nécessaires au personnage.
Pour le rôle d'Apollo Creed, c'est Carl Weathers, un ancien joueur de football américain, qui auditionne. Lors de l'essai, Weathers critique ouvertement Stallone qu'il qualifie de "loser ". Mais cela passe pour une bravade non de l'acteur, mais de son futur… personnage. Et tout s'arrange.
Le rôle de Mickey, l'entraîneur grincheux mais bienveillant de Rocky, est confié à Burgess Meredith, acteur vétéran dont l'audition a ému Stallone aux larmes.
5. Pour limiter les coûts, Stallone fait jouer sa famille et son chien
Le budget limité (quasi un budget de premier film belge) pousse Sylvester Stallone à engager des membres de sa propre famille pour des rôles secondaires. Il embauche même son propre chien Butkus (qu'il a vendu quand il était fauché, puis racheté). Les figurants sont bénévoles et certains techniciens jouent des petits rôles.
Le combat d'ouverture où Rocky affronte Spider Rico a été entièrement improvisé.

La fameuse scène où Rocky court dans les rues de Philadelphie a été tournée sans autorisation officielle. La production a simplement suivi Stallone avec une camionnette équipée d'une caméra. La montée des "Rocky steps", comme elles sont désormais surnommées, est devenue une attraction incontournable de la ville.
L'utilisation dans cette séquence de la steadicam (caméra équipée pour rester stable alors que le caméraman est en mouvement) sur les marches du Philadelphia Museum of Art a été une innovation majeure. En 1976, la steadicam était encore une nouveauté, et "Rocky" faisait partie des premiers films à l'utiliser.
En raison du budget restreint, la production a dû se contenter d'une centaine de figurants pour le match final. Des extraits d'un véritable match ont été utilisés pour simuler un public plus important.
Durant le tournage, Sylvester Stallone et Carl Weathers ont souffert de blessures causées par le combat final : Stallone s'est cassé une côte, tandis que Weathers a été touché au nez.
6. "Rocky" remporte 3 Oscars et explose le box-office

"Rocky "fut produit avec un budget modeste et en seulement 28 jours. Mais il est rapidement devenu un succès-phénomène, rapportant plus de 225 millions de dollars au box-office mondial. Ce qui en fait le film le plus rentable de l'année 1976.
Il fait près de 55 millions d'entrées aux USA. En France, bien que l'accueil ait été plus relatif, puisqu'il ne dépasse pas les 664 966 entrées, il deviendra surtout un succès sur la durée, via les locations de VHS, puis DVD.
En 1977, "Rocky" décroche 10 nominations aux Oscars dans 9 catégories différentes, remportant finalement 3 statuettes (meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur montage). Stallone est nominé meilleur acteur, mais n'est pas lauréat.
Le film obtient également 6 nominations aux Golden Globes, remportant le prix du meilleur film dramatique.
7. La musique culte est reprise pour "Les Grosses Têtes"
L'album de la bande originale de Rocky, composé par Bill Conti, accompagne à la perfection l'ascension de Rocky Balboa.
Un album, sorti la même année que le film, regroupe les morceaux les plus emblématiques qui rythment les moments clés de l'histoire.

Le thème principal, "Gonna Fly Now", reste numéro 1 du Billboard Hot 100 pendant une semaine (du 2 juillet au 8 juillet 1977). Il a été nommé pour l'Oscar de la meilleure chanson originale et est la 58e meilleure chanson de film dans le classement de l'American Film Institute.
Plus près de nous, le morceau est devenu le légendaire générique de l'émission de radio "Les Grosses Têtes" sur RTL.
8. À la suite de "Rocky", il y a eu "Creed"

"Rocky" va bien sûr engendrer des suites : "Rocky II : La Revanche" (1979), "Rocky III : L'Œil du tigre "(1982), "Rocky IV "(1985, où il affronte Ivan Drago, champion russe joué par Dolph Lundgren), "Rocky V" (1990) et "Rocky Balboa " (2006) avec un Stallone vieillissant.
Le film a aussi engendré un spin-off (ou série dérivée) dénommé "Creed".

La série est centrée sur Adonis Creed, le fils d'Apollo… Creed, ancien rival et ami de Rocky Balboa. On suit l'ascension d'Adonis dans le monde de la boxe avec l'aide de Rocky, avec trois films (2015, 2018, 2023) qui modernisent l'univers tout en honorant l'héritage original.
Dans "Creed II" (2018), Adonis se retrouve face au fils d'Ivan Drago, le monstre russe qu'affronte Rocky dans le troisième volet de la saga.
Quant à "Creed III" (2023), réalisé par Michael B. Jordan, il explore le passé d'Adonis sans le personnage de Rocky cette fois.
