Avant de prendre son avion pour assister à Belgique-Iran, Mehdi Bayat se confie sur le match entre ses deux pays : "J'ai découvert l'Iran à 20 ans"
Mehdi Bayat sera dans les tribunes de Los Angeles pour assister à la rencontre entre deux pays qui l'ont façonné et construit différemment mais conjointement.
- Publié le 19-06-2026 à 16h22
Il incarne le visage de cette rencontre. Le 5 décembre dernier lors du tirage au sort de la Coupe du monde effectué à Washington, tout le monde a directement pensé à lui quand les boules ont rangé la Belgique et l'Iran dans le groupe G.
"C'est une rencontre qui me tient à cœur", confirme Mehdi Bayat à la veille de s'envoler pour Los Angeles avec la délégation belge afin d'assister au match et de revenir dans la foulée en Belgique.
"Je pourrai servir d'interprète à Pascale Van Damme, la présidente de la fédération, si le besoin d'échanger avec la délégation iranienne se fait ressentir, même si je pense que tout le monde manie parfaitement l'anglais", sourit-il.
Avec le cœur partagé entre les deux nations, l'administateur-délégué du Sporting a d'emblée accepté l'idée d'évoquer ce que représentait ce match pour lui. "Le football permet de vivre des moments de fête et j'espère que ça en sera une."
Mehdi, qui allez-vous supporter ce dimanche au SoFi Stadium ?
Dans ma position, le plus facile, c'est de souhaiter que le meilleur gagne (rires). D'un côté, il y a la Belgique qui matérialise maintenant presque 25 ans de ma vie. J'ai eu un rôle important en étant le président de l'Union belge de 2019 à 2021. J'ai fait partie, aussi, de la délégation officielle de la Belgique à la Coupe du monde 2018 en Russie. Et de l'autre, il y a l'Iran, le pays de mes origines, où je suis né.
Quel est votre rapport avec l'Iran ?
Je n'avais même pas un an quand on est parti s'installer dans le sud de la France. J'ai vraiment découvert ce que c'était quand j'avais 20 ans, à la fin de mes études, un peu avant d'atterrir en Belgique.
Je n'avais même pas un an quand on est parti s'installer dans le sud de la France.
Qu'avez-vous découvert ?
J'ai enfin pu déceler, en dehors des bouquins, ce que représentait la civilisation iranienne, notamment en me rendant sur le site de Persepolis. En plus de m'instruire, c'est quelque chose qui m'a rendu fier par rapport à mes racines.
Quels sont les autres points qui vous ont marqué ?
J'y suis resté un peu de temps et j'ai rencontré un beau pays et un peuple brillant, intelligent qui s'exporte bien. D'ailleurs, quand je vais en Belgique dans un hôpital ou chez un professionnel de la santé, il n'est pas rare de tomber sur un médecin ou un dentiste iranien. Ça démontre cette faculté d'intégration.
Avez-vous gardé des contacts avec les anciens joueurs iraniens passés au Mambourg ?
Oui. J'échange encore régulièrement avec Ali Gholizadeh, Kaveh Rezaei mais aussi Amirhossein Hosseinzadeh qui est présent avec l'équipe nationale au Mondial. J'étais même assez surpris qu'il ne débute pas face à la Nouvelle-Zélande car il a réalisé une superbe saison en Iran avec le Tractor SC.
De tous les joueurs iraniens passés chez les Zèbres, Hosseinzadeh était le plus fort de tous.
Pourquoi son passage d'un an à Charleroi lors de la saison 2022-2023 a constitué un flop ?
Pour moi, c'était un problème mental. De tous les joueurs iraniens passés chez les Zèbres, c'est pour moi le plus fort de tous. J'ai ressenti une grosse frustration par son échec chez nous car il n'a pas su démontrer son talent. Il n'a pas réussi à s'adapter. Il a quitté un endroit où il était une vraie star pour rejoindre dans l'anonymat la Belgique et ça n'a pas fonctionné.
Dressez-vous le même constat pour Nadhir Benbouali, passé d'indésirable à Marcinelle l'été dernier à international algérien au Mondial en un an ?
Oui, tout comme pour Chris Bédia. Parfois, des joueurs n'ont pas le temps à un endroit de s'exprimer pleinement mais ça ne fait pas d'eux pour autant des mauvais recrutements comme ils le montrent ailleurs.
Quant aux Diables rouges, de qui êtes-vous encore proche ?
J'avais davantage de contacts avec l'ancienne génération, et j'en ai toujours avec notamment Eden (Hazard) ou Marouane (Fellaini) qui est venu donner un coup de main pendant quelques jours à Charleroi en décembre. Là, j'ai un coup de cœur pour Youri Tielemans. Il était le petit jeunot en 2018 et maintenant, c'est notre capitaine. Je suis très content de la place qu'il a car je n'ai jamais eu de doute sur son parcours.
Quel est votre pronostic pour ce dimanche ?
Le slogan de la FIFA, c'est d'unifier. C'est ce qui va se passer. Le plus important, c'est d'assister à un beau match. Et d'espérer que les deux équipes peuvent passer au tour suivant, ce qui est possible avec la nouvelle formule. Là, je serais l'homme le plus heureux.
