Les Borlée: «On reste capable de courir plus vite»

En 2016, les Borlée espèrent battre leur record personnel. Quantà atteindre la finale olympique, ça ne dépend plus vraiment d’eux…

David Lehaire
Les Borlée: «On reste capable de courir plus vite»
Les Borlee ©Belga

Sur cette île canarienne où ils ont leurs repères depuis années, les Borlée ont entamé la préparation d’une année qui doit les mener le plus haut possible aux JO.

1. Reprise

«On n'a pas pour habitude de ne reprendre que début novembre, dit Jonathan. Mais, là, on avait vraiment besoin de souffler. Cette coupure nous a fait du bien et nous avons parfaitement rechargé nos batteries.»

2. Saison indoor

Elle n'entre toujours pas dans les plans des twins. Quant à Dylan, qui avait littéralement épaté tout le monde en s'emparant de la médaille d'argent sur 200 m à l'Euro de Prague, en mars, il fera l'impasse, lui aussi. «En cette année olympique, mon but est évidemment de me qualifier pour Rio en individuel. Donc, même si j'ai énormément grandi comme athlète et connu des grandes joies, je ne peux me permettre de perdre de l'influx nerveux comme ce fut le cas cette année. J'ai beaucoup couru en 2015 et cela s'est senti nerveusement à la fin. Je ne veux plus prendre le moindre risque.» Et si le relais prendra bien part aux Mondiaux en salle de Portland (17-20 mars), «c'est plus dans le cadre notre préparation vers les JO, continue Jonathan. Ce n'est pas un objectif en soi. On ira en Oregon pour prendre du plaisir.» Mais avec les Belgian Tornados, il faut toujours être prêt à une agréable surprise.

3. Euro 2016

Kevin a d'ores et déjà fait une croix sur l'événement qui se déroulera à Amsterdam, un mois avant les Jeux, Jonathan laisse encore une petite porte ouverte. «Je ne pense pas m'aligner sur le tour de piste, dit-il. Mais peut-être que je le ferai sur 200. Je n'ai pas encore décidé.» Dylan, lui, s'alignera sur 400 m. «Il est encore prématuré pour moi de dire quelles ambitions je nourris par rapport à cet événement mais, il est clair, qu'il tombera à point nommé pour moi.» Les Belgian Tornados seront bien là également. Et pour gagner quelque chose. «Cela nous avait bien réussi en 2012 (champions d'Europe)», lance Kevin. «Et c'est le rendez-vous idéal pour prendre nos marques avant les JO», enchaîne Jonathan.

4. Mondiaux de Pékin

En Chine, les jumeaux Borlée ne furent pas de la finale du 400 m la plus rapide de l'histoire. Et ce, alors qu'ils avaient de nouveau signé des chronos de tout premier plan (44.67 pour Jonathan en séries et 44.74 pour Kevin en demi-finales). «Bien sûr qu'on était frustrés, dit Jonathan. Beaucoup d'athlètes étaient plus que surpris par le niveau général du 400 m. Mais on ne peut que se dire que notre saison 2015 fut très bonne et que l'on a fait tout ce qu'il fallait pour être en forme au meilleur moment.»«On a sorti des gros chronos et c'est une très bonne base pour être encore meilleurs en 2016.» Non qualifié en individuel, Dylan garde, lui, l'énorme amertume de s'être blessé quelques minutes avant la finale du 4x400m. «Si je n'avais pas réalisé un très bon Euro en salle, je crois que j'aurais pleuré quand je me suis blessé, concède-t-il. Tout ce qui m'est arrivé de positif avant m'a permis de relativiser ma déception. Là, je suis vraiment passer à autre chose.»

5. Ambitions pour Rio et records personnels

Si ses aînés ont déjà leurs tickets sur 400 m, Dylan doit encore aller le chercher. «Les minima sont accessibles (45.50) mais je ne devrai pas me perdre en route», affirme celui dont le record personnel est de 45.57. Kevin et Jonathan, eux, s'estiment capables de battre leur record respectif (44.56 et 44.43). «Ce sera difficile mais si tout est en place le jour J, c'est possible», explique Jonathan. Mais cela ne les assurera pas d'une place en finale olympique. «On le sait, ajoute Kevin. On ne peut se focaliser que sur nous-mêmes et si nos chronos sont très bons, ce sera très bien. Pour le reste, on verra…»

Cinquième à Pékin alors qu'il avait essuyé le forfait de Dylan en toute dernière minute, le relais peut, lui, nourrir de grandes ambitions. «On a le meilleur groupe de notre histoire. Et si tout tourne bien, on peut encore être avec les meilleurs», conclut Kevin.