Des sacrifices pour arriver aux titres
Championne de Belgique indoor du 800 m, Éléa Henrard sait se faire violence pour tutoyer les sommets de sa discipline.

- Publié le 15-03-2018 à 09h15

Les flashes des appareils crépitent, les journalistes se pressent. Les applaudissements résonnent, la fierté inonde la piste. Éléa Henrard est championne de Belgique!
Ces situations, la jeune coureuse de La Calamine commencent à les rencontrer. Championne de Belgique du 800 m indoor à Gand mi-février, elle performait également en 4 x 800 en 2017 (première place). Chez les juniores? Encore plus facile, diront les non initiés. Car il ne faut pas se voiler la face. Derrière ces résultats exceptionnels, il y a une vraie force de travail, de l'abnégation et un courage bien nécessaire lorsqu'il s'agit d'enfiler ses running seule pour s'exercer sur le RAVeL. C'est l'histoire d'une graine de championne…
"Mes parents ont toujours voulu que leurs enfants fassent du sport, se souvient Éléa Henrard. J'ai fait un peu de natation à Herve et de la gymnastique à La Calamine. Mais c'est en voyant le Mémorial Van Damme à la télévision que j'ai su que ça allait me plaire." C'était il y a dix ans. Comme souvent, Éléa se teste sur les différentes disciplines que compte l'athlé. Puis, doucement, elle trouve sa voie: ce sera du demi-fond. "J'ai testé le poids, les sauts… Ce n'est qu'il y a six ans que je me suis mise à la course car c'est là que j'avais le plus de potentiel (je ne suis pas assez dynamique pour le reste). Au début, le demi-fond c'était de l'amusement. Je faisais les cross, les meetings de la province. Puis j'ai eu l'envie de performer."
L'amusement s'est transformé en addiction, le quotidien en compétition (presque). "Je m'entraîne désormais cinq jours par semaine. Ce sont de petits entraînements réguliers. Je suis souvent seule, à Gembloux où je suis des études de bioingénieur (mon souhait serait de prouver le caractère cancérigène de certains aliments produits par les multinationales, mais ce sont des études qui touchent à beaucoup de domaines – dont l'écologie –, un bon mix entre médecine, math, biologie et chimie). J'ai un aménagement d'horaires en tant qu'étudiante sportive de l'ULg. Pendant que certains sont aux cours, je m'entraîne car je n'ai que 40 crédits sur l'année (mes études dureront donc plus longtemps). Il faut pouvoir se motiver, pour aller courir seule sur le RAVeL en hiver. Du coup, ça travaille le mental", assure celle qui regagne la piste du LACE Eupen les mercredis et vendredis soir (avec d'innombrables heures de train…).
"Une distance vicieuse"
Ces sacrifices, ce mode de vie, Éléa Henrard l'a adopté. "Le goût de la compétition m'est venu il y a quatre ans, avec ce déclic sur le championnat indoor de Wallonie (2e sur 1 500 m). Avant, au milieu du peloton, c'était différent. Aujourd'hui, j'ai envie de remporter des courses. Pourquoi le 800 m? J'ai la bonne morphologie. Je ne suis pas assez rapide pour un 400 ou un sprint tandis que le plus long exige un autre type d'entraînements. Moi, ce sont les 800 et 1 500 m… avec une préférence pour le 800 qui est court, stressant et tactique à la fois. Il y a des coups de coude, on se bagarre pendant la course… On ne sait jamais ce qui va se passer. C'est une distance vicieuse, entre le sprint et la course de fond."
Et si le pays s'était trouvé une nouvelle spécialiste de l'athlé?
