Dottignies : le petit-fils de Jean Carrette raconte l'homme derrière le buste dévoilé ce samedi
Le dévoilement de l'œuvre communale est prévu samedi, aux alentours de 19 heures, à l'entrée de la place de la Résistance. Maxime Carrette, petit-fils et filleul de cette figure, nous ouvre ses archives afin de commenter cette vie tournée vers les autres.

- Publié le 05-06-2026 à 06h45
La représentation en bronze créée par l'artiste communal Osvaldo Parise est sur le point d'être dévoilée à l'entrée de la place de la Résistance. "Une localisation idéale, quasiment à égale distance entre son clocher, auquel il était très attaché, et son domicile, au n° 8 de la rue Arthur Roelandt", sourit l'un de ses petits-fils et filleul, Maxime Carrette, qui a eu un droit de regard sur le processus de création et se dit très satisfait du résultat.
Du 6 juin 1943 au hasard du 6 juin 2026…
Cette statue est à l'initiative de Jean-François Vanneste, actuel président de l'association des commerçants, dont M. Carrette "fut le premier à en prendre la tête durant 35 ans".
Mais l'homme était bien plus que cela. C'est d'ailleurs avec une palette à la main qu'il sera visible ad vitam aeternam. "Parce qu'il était peintre en bâtiment, comme plusieurs générations de la famille, mais aussi parce qu'il a peint des toiles qui ont reçu des premiers prix au Pierrot des commerçants. Un tas de ses tableaux doivent se trouver dans différents domiciles dottigniens !", s'amuse notre interlocuteur, avant d'évoquer différentes facettes de l'homme dont il dit avoir hérité de l'esprit libéral, de la tolérance et de l'ouverture d'esprit.
La date de cette inauguration, ce 6 juin, revêt un symbolisme fort ! Résistant, Jean fut arrêté le 6 janvier 1943 avant d'être relâché le 5 juin par erreur par les Allemands, confondu avec un autre Jean Carrette qui, lui, ne pouvait être arrêté. "Mon grand-père est ainsi revenu à Dottignies le 6 juin 1943… où il était déjà recherché par la Gestapo ! Il en avait été informé et a pu se cacher en face de chez lui."

Bien plus tard, Jean fera aussi partie du noyau des cinq créateurs de la Fête de la Main, "qui était son bonheur. C'est lui qui a amené Jean-Pierre Lambert à en être la voix, les deux hommes s'étant connus à Radio Azur, la radio libre." Maxime cite aussi Robert Vanhulle et Roger de la Main d'or parmi les nombreux amis qui ont compté pour M. Carrette.
L'unité dottignienne incarnée
"Par contre, le Fest'Art, c'est complètement son idée, pour redynamiser le commerce de Dottignies. Pour l'anecdote, il avait à cœur que le bar sous le clocher vende les boissons plus chères que celles vendues dans les bistrots environnants, ne voulant pas démolir le commerce local."

Un homme souvent dans la lumière tout en étant discret. "Jean était quelqu'un d'humble et de taiseux, mais qui écoutait beaucoup. Ensuite, lorsqu'il prenait la parole, elle était toujours juste, sachant trancher avec le recul nécessaire. C'était un rassembleur plein de sagesse…"
On devine donc bien l'humilité de celui dont l'effigie est vouée à la postérité. Que penserait-il dès lors de cet hommage ? "De son vivant, c'est sûr qu'il ne l'aurait pas voulu. Tout comme il n'affichait jamais toutes ses médailles, bien qu'il fût fier de ces reconnaissances. Je sais donc qu'aujourd'hui, il serait honoré par cette initiative. Et forcément, à titre personnel, nous étions fusionnels, donc j'en suis aussi heureux…"
