Crachat sur un policier pendant le confinement à Sambreville: "Moi je voulais juste faire du vélo"

Pendant le confinement de la crise covid, en mars 2020, des policiers qui dispersaient un attroupement sur la place de Moignelée (Sambreville) ont été pris à partie vivement. Prévenu d'outrage et rébellion, Hicham conteste.

 Les deux policiers qui dispersaient un groupe de personnes ont été accueillis agressivement.
Les deux policiers qui dispersaient un groupe de personnes ont été accueillis agressivement. ©DH

"Vous avez bénéficié d'une simple déclaration de culpabilité sans peine en raison de l'ancienneté des faits, qu'est-ce que le tribunal peut faire de plus ?" De prime abord, le juge Romain Jadin ne comprend pas pourquoi Hicham fait opposition à un jugement du tribunal correctionnel qui ne lui est pas vraiment défavorable. Mais, d'abord pour le principe, le prévenu veut contester la qualification d'outrage et de rébellion: "Moi j'ai juste expliqué que je partais faire du vélo avec des amis, comme j'en avais le droit." Ce jour-là, en mars 2020, on est plein confinement, en début de crise covid. Deux policiers en patrouille repèrent un attroupement, en infraction avec les règles de distanciation sociale, sur la place de Moignelée. Diplomatiquement, ils essaient de disperser les personnes, mais l'accueil qui leur est réservé est plutôt désagréable, voire carrément hostile. Ils sont accueillis avec des noms d'oiseaux, des menaces. L'un d'eux reçoit un crachat en plein visage d'un individu qui lui crie qu'il a le covid: "Le policier va alors devoir passer plusieurs semaines en isolement, sans sa famille, dans l'angoisse de recevoir les résultats de ses tests, explique son avocat, qui s'est constitué partie civile. À cette époque, on ne connaît pas encore bien le virus, on sait qu'il peut être mortel et il n'y a pas encore de vaccin." L'inspecteur ne sera finalement pas malade, mais sera à l'arrêt deux mois au total, avec une perte d'une partie de son salaire. Il réclame donc des intérêts civils de 4800€, dont aussi 2300€ de dommage moral.

Mais Hicham n'est pas l'auteur du crachat. Sa défense estime donc qu'il ne doit pas être concerné par les réclamations civiles. C'est l'autre raison de son opposition au jugement.

Mais pour la substitute Samain, au parquet, les faits de rébellion et d'outrage sont établis dans son chef:"Dans leur rapport, les agents décrivent qu'il s'est avancé vers eux, menaçant, jusqu'à être presque front contre front. Il les aurait entre autres traités de "flics de merde", criant"on est chez nous ici, personne ne va bouger, on va vous apprendre la vie, vous allez faire quoi à deux…". Pas vraiment l'attitude d'un pacifique cycliste. Il dément cependant: "Mais je sais bien que si vous avez la parole de deux policiers contre la mienne, vous allez les croire eux, c'est normal", commente Hicham à l'attention du juge et pas vraiment optimiste quant à ce qui l'attend dans le jugement prévu le 20 novembre.

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