Pas d'aire d'accueil en vue pour les gens du voyage dans le Borinage : les politiques débattent, et les caravanes passent
Pas de solution structurelle en vue. Le dernier appel du ministre Coppieters pour des aires d'accueil a fait un flop.
- Publié le 12-09-2025 à 09h01

L'accueil des gens du voyage s'est avéré problématique dans la région ces derniers mois. Dernier épisode en date : l'occupation d'un terrain à Boussu où un agriculteur ne peut plus s'occuper de ses bêtes correctement et affirme même avoir été menacé.
Hélas, les autorités locales sont bien souvent prises au dépourvu lorsque les cortèges de caravanes débarquent. Tout comme les propriétaires qui, dans le meilleur des cas, peuvent obtenir une expulsion après quelques jours par la voie judiciaire.
Ça joue donc au chat et à la souris, faute de solution structurelle. Et ça risque de durer encore un certain temps. En effet, le député Guillaume Soupart a soulevé le problème auprès du ministre Coppieters au Parlement wallon. "On sait qu'il y avait eu un projet de terrain d'accueil à Mons. Mais des revendications citoyennes avaient empêché son installation à Jemappes", a rappelé le député. "Où en est-on aujourd'hui ?"
Malheureusement, pas plus loin. Déjà interrogé sur le sujet en juin dernier, Yves Coppieters avait annoncé qu'un nouvel appel à candidatures serait lancé aux communes. Sa volonté était de pouvoir établir de nouvelles aires d'accueil d'ici la fin de l'année. Mais… "L'appel à candidatures s'est terminé le 31 août. Nous n'avons eu aucune demande", regrette le ministre wallon de l'Égalité des Chances. "Je déplore ainsi que la commune de Boussu n'ait pas porté sa candidature. Cela aurait donné un cadre supplémentaire pour prévenir l'accueil des gens du voyage."
Boussu n'est pas la seule commune à avoir manqué à l'appel. Aujourd'hui, elles sont sept à bénéficier de la subvention wallonne pour un terrain d'accueil : Amay, Bastogne, Charleroi, Ottignies, Sambreville, Verviers et Wasseiges. Aucune autre de notre région n'est venue se rajouter. Pourtant, depuis le printemps, l'accueil des gens du voyage s'est révélé problématique à bien des endroits.
"Il faudrait peut-être avoir une vision supracommunale", plaide Guillaume Soupart. "On pourrait passer par les intercommunales pour établir des aires d'accueil centralisées. Étant donné qu'il y a une forte opposition citoyenne à l'installation de ces aires, il faut réfléchir à des sites qui permettent d'avoir une situation apaisée. En attendant, il faut que tout le monde respecte la loi. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas sur le terrain. On le voit avec cet agriculteur à Boussu qui ne sait pas dans quel état il va retrouver son terrain. C'est vraiment problématique."
Bref, les législatures passent, et toujours rien de nouveau sous le soleil. Les appels qui font un flop, les oppositions citoyennes, l'effet nimby ou encore le possible recours à la supracommunalité ne datent pas d'hier. Les discussions semblent tourner en rond. Et pendant que les politiques débattent, les caravanes passent.
