8 pour Fabrice Bussez
Hier vendredi, les jurés luxembourgeois ont reconnu Hecht et Bussez coupables d'une triple tentative d'assassina t.
- Publié le 07-06-2008 à 06h00
Dix ans de prison pour Michel Hecht. Huit ans pour Fabrice Bussez.
La cour d'assises du Luxembourg a tranché. Vendredi en fin de journée, elle a prononcé son arrêt après un verdict de culpabilité qui est tombé un peu avant 15h.
Culpabilité sur toute la ligne pour Hecht et Bussez, puisque les jurés ont considéré que les deux accusés avaient bien commis une triple tentative d'assassinat le 21septembre 2005 à Florenville, sur la personne d'Yves Hecht, sa compagne Isabelle Mathieu et leur enfant commun, Evan Hecht.
Complètement effondré par ce verdict alors qu'il a toujours clamé son innocence, Fabrice Bussez a clamé qu'au lieu d'aller à fond de peine, il préférait encore «se suicider en prison».
Avant que les jurés n'entament leur ultime délibération sur la peine, Michel Hecht, lui, a tenté un dernier barouden s'adressant aux jurés: «Je n'ai pas commis cet acte, je vous le répète. Vous avez maintenant ma vie entre vos mains.»
Hecht et Bussez jouent leur va-tout
Comme la procédure des assises les y autorise, les accusés ont eu pour la dernière fois la parole vendredi matin, après les dernières plaidoiries de leurs avocats. Hecht et Bussez ont largement profité de ce temps de parole, tentant encore une fois de convaincre les jurés de leur innocence.
Michel Hecht: «Je pourris dans une cellule à Arlon pour un fait que je n'ai pas commis. Tout cela, c'est à cause de l'acharnement du parquet et parce qu'on prend pour argent comptant tout ce que dit l'indicateur (NDLR. Michel Hecht ne cite pas explicitement son frère, Yves Hecht). Je vous le dis franchement: je suis au bout du rouleau, j'ai un cancer, je prends des anti-dépresseurs. Jamais je n'aurais été capable de faire cela à mon frère.»
À son tour, Fabrice Bussez s'adresse aux jurés: «Il n'y a pas de mobile! Pourquoi je m'en serais pris à une femme et à son bébé? Ce bébé est né la même année que ma petite fille. Je suis respectueux de la vie humaine. C'est la première et la dernière fois que je me retrouve aux assises. J'aimerais que l'on retrouve les vrais auteurs. Yves Hecht a plein d'ennemis partout!»
Les résidus de tir condamnent les accusés
Pour emporter l'adhésion des jurés, vendredi, MeJoëlle Saussez, partie civile, a une nouvelle fois enfoncé le clou en matière de «preuves scientifiques».
On a dit dans ce dossier que beaucoup de protagonistes mentaient. «Mais au bal des menteurs, les expertises scientifiques, elles, ne mentent pas!», plaide Me Saussez.
Pour l'avocate de la partie civile et MmeMottet, avocat général, les résidus de tir retrouvés sur les vêtements des deux accusés sont la preuve, formelle, qu'ils ont utilisé des armes.
Pour la défense, Me Amrani a tenté une dernière fois de dénoncer ce qu'il appelle «la pollution du dossier» ou sa «contamination».
L'avocat de Bussez vise en premier lieu l'insuffisance de mesures de sécurité après la découverte de la voiture Peugeot 106 des deux accusés à Sedan: «Un scellé a été ouvert à la voiture. On ne m'a jamais donné d'explications!», dit Me Amrani.
La vérité judiciaire est maintenant dite dans cette affaire de Florenville. Il faut la respecter. Mais les accusés et leurs conseils disposent aussi d'un délai de quelques jours pour éventuellement signer un pourvoi en cassation.
Vont-ils le faire, eux qui n'ont cessé de parler d'«irrégularités» dans ce dossier?