Au Mémorial 1815 de Braine-l'Alleud, une expo immersive interroge notre rapport au progrès
Durant deux ans, la salle d'exposition du Mémorial 1815 proposera un mapping immersif et interactif pour faire réfléchir les visiteurs sur le progrès.
- Publié le 18-06-2026 à 19h41
- Mis à jour le 18-06-2026 à 19h42

Le Mémorial 1815, au pied de Butte du Lion, est un musée moderne à la scénographie régulièrement améliorée, mais il comporte aussi une grande salle réservée aux expositions temporaires. On y a vu, au fil des années, des objets et des documents se rapportant à l'exil de Napoléon, une exposition consacrée au groupe ABBA ou encore l'épopée napoléonienne au travers de montages en Lego.
Ce jeudi, le groupe Kleber Rossillon, qui a obtenu en 2019 la concession pour l'exploitation touristique du site, a dévoilé en "première mondiale" une nouvelle activité proposée dans cette salle de 300 mètres carrés. Il s'agit d'un vidéo mapping immersif évoquant en sons, en images et avec des citations d'écrivains et de philosophes, les années qui ont suivi la bataille et le siècle de paix relative qui a permis en Europe un développement scientifique, industriel et technologique déterminant notre façon de vivre.
Pour notre bien à tous ? Après les explications factuelles, le duc de Wellington regarde le public dans les yeux pour lui demander s'il a vraiment confiance dans le progrès. Si les technologies qui permettent d'envoyer un courrier sur un autre continent en quelques millisecondes alors qu'il fallait des mois à son époque ne comportent pas un revers, si le progrès bénéficie à tous, si industrie et environnement sont compatibles.
Une fin adaptée aux spectateurs
Deux caméras enregistrent les émotions sur le visage des spectateurs à ce moment-là, et l'intelligence artificielle interprète ces signes, pour établir une sorte de "moyenne d'émotion collective".
Si le groupe installé devant les écrans – le mapping est projeté sur les trois murs qui entourent les spectateurs et tire aussi parti du plafond – se montre globalement positif à propos du progrès, les dernières minutes nuancent en posant quelques questions sur l'égalité des chances, le réchauffement climatique, les luttes sociales, attirant l'attention sur la nécessité de préserver certains équilibres.
À l'inverse, si le groupe voit globalement le progrès comme négatif, une autre fin met en évidence les avantages que l'on en tire au quotidien.
Pour Thibault Danthine, le directeur du Mémorial, cette nouvelle activité se situe dans la continuité de la scénographie du musée qui évoque le contexte historique de la bataille de 1815, la bataille elle-même et l'exil de Napoléon.
"Nous ne sommes pas pour une approche "funèbre" de ce qui s'est passé ici, explique le directeur. On sait ce qu'il s'est passé, on connaît le bilan humain. La question, c'est comment fait-on pour éviter cela. Le 18 juin 1815 a été le début de pas mal de choses, d'un progrès passionnant mais qui interpelle aujourd'hui. Notre volonté est de faire réfléchir."
Kleber Rossillon, qui avait cerné ses envies pour cette nouvelle exposition, a lancé un appel à diverses sociétés spécialisées. C'est Alphavision, qui a conçu Historium, à Bruges, qui s'est montrée la plus convaincante avec ce spectacle innovant conjuguant technologies immersives, intelligence artificielle, et plusieurs fins possibles en fonction des émotions des spectateurs. Cette exposition temporaire restera en place jusqu'à la fin 2027, et est visible moyennant paiement d'un ticket complémentaire.
Un message de paix, 211 ans après la bataille
L'inauguration coïncidait avec le 111e anniversaire de la bataille, et a donné lieu à un dépôt de gerbes à la mémoire des combattants.
"Waterloo nous rappelle que les divisions entre les peuples ne doivent jamais faire oublier ce qui nous rassemble, a rappelé sur place Thibault Danthine. Les hommes qui se sont combattus ici étaient ennemis, leurs descendants vivent aujourd'hui dans une Europe fondée sur la coopération, le dialogue et la recherche de la paix. C'est sans doute là l'une des plus grandes leçons que nous lègue ce champ de bataille."

