VIDÉO | Jean-Marc Fortin et Overdrive au Dakar 2021: "L'objectif, c'est la victoire"
Une fois encore, Overdrive, la structure drivée par le Hutois Jean-Marc Fortin, visera la victoire au 43e Dakar qui se déroulera en Arabie Saoudite.
- Publié le 25-11-2020 à 20h44

Mercredi, milieu d'après-midi, Overdrive fume à plein gaz. Un mécano qui ajuste les boulons d'une Toyota en gestation, un logisticien qui règle les derniers détails du voyage pour quelque 100 personnes, un ingénieur qui s'assure de la validité du parcours à suivre dans le désert. La fourmilière affiche complet alors que les organisateurs du Dakar 2021 viennent de dévoiler, quelques minutes plus tôt, le parcours intégral. Changement de décor et de formule pour cette 43e édition qui se tiendra exclusivement sur un seul pays, l'Arabie Saoudite, du 3 au 15 janvier prochain. Au programme, 12 étapes de Jeddah à Jeddah avec, comme plateau, ce qui se fait de mieux à moto et voiture dans le monde.

Sur les hauteurs de Villers-le-Bouillet, ils sont plus de cinquantaine à courir dans tous les sens afin d'affréter les 12 voitures qui prendront part à la course. Six Toyota et trois Chinoises en T1 en plus des trois voitures en Red Bull Junior Team. L'équipe, panel de nationalités originaires du monde entier, turbine sous les yeux d'un CEO nommé Jean-Marc Fortin attentif à tous les moindres détails. " Et j'avoue que je commence à stresser, concède le Hutois Jean-Marc Fortin, légende du sport automobile belge et patron d'une structure connue dans le monde entier. On est sur le pont quasi 24/24h, 7/7 comme on est là. Il faut que tout soit nickel. On y va clairement pour gagner, je ne vais pas mentir avec un Nasser al-Attiyah en chef de file qui roulera en Gazoo Racing. L'an passé, on a perdu pour une bête erreur de navigation. Cette année, Nasser sera dans son jardin. Mais un détail peut tout faire basculer. On le sait. On sera dix à prétendre à la victoire. Il faut qu'on prépare une voiture capable de tenir pendant 12 jours sans un seul pépin. C'est chaud mais c'est le travail de toute une équipe. Qui le sait: un arrêt et tu peux oublier la première place. "
Un budget de 4,5 millions
Le Dakar, c'est l'événement à ne pas rater pour la structure villersoise dans la saison. La course créée par Thierry Sabine en 1978 représente 4,5 millions d'euros sur le budget annuel d'Overdrive, soit… la moitié. " En 15 jours, c'est énorme, je sais, avoue Jean-Marc Fortin. Mais on a acquis, depuis nos débuts, une réputation internationale qui dépasse de loin nos frontières. On se doit de servir nos clients qui débloquent de gros budgets pour qu'on leur prépare de belles voitures. On leur livre un clé sur porte. Le pilote n'a plus qu'à rentrer dans la voiture qu'on lui a préparée et faire la meilleure course possible. Là, à un peu plus d'un mois de l'événement, on est déjà pas mal. L'an passé, 23 nationalités se bousculaient ici. Mais on va dépasser ce chiffre une fois sur place en Arabie Saoudite. Et je me demande si ce n'est pas ce dont je suis le plus fier: fédérer une équipe autour d'un projet qui fonctionne. "

On en oublierait presque que tout ça a commencé dans un petit atelier, à quelques pas d'ici, ailleurs, à Villers-le-Bouillet déjà, avec une poignée de mécanos et de voitures. " J'ai connu ces débuts-là et quand je vois le parcours accompli depuis, je peux vous garantir qu'on fait des jaloux, avoue Christian Ortigasa, un mécano présent chez Overdrive depuis le début de l'aventure. Et quand au final, on gagne le Dakar, on se dit que c'est vraiment la victoire de toute une équipe et pas que d'une seule personne…"
La victoire, justement, elle semble une fois encore à la portée du team villersois. "On est bien depuis quelques mois avec 5 courses d'affiliée gagnées partout dans le monde, sourit Jean-Marc Fortin. C'est sans doute le bon moment pour nous-même si une course n'est pas l'autre. Ce qui m'ennuie un peu, c'est qu'avant ça, on a encore une manche FIA en Arabie Saoudite à assurer et gagner entre le 9 et 15 décembre. Mais on va faire le job. On est de toute façon dans le match… Surtout que ce Dakar est davantage dans notre ADN que certains par le passé…"
Dans quelques jours, ces bolides seront amenés en avion à Marseille pour être conduits dans la foulée en Arabie Saoudite et y briller. Du moins, on l'espère. "Car quand on a goûté une fois à la victoire, on en veut toujours plus " ponctue Jean-Marc Fortin qui file dans son bureau pour un rendez-vous téléphonique important avec un de ses clients. C'est que le succès n'attend pas…
Reportage dans l'atelier d'Overdrive à Villers-le-Bouillet dans notre vidéo en tête de cet article.


Il sera le premier sur place et aussi le dernier à quitter Djeddah une fois les lumières du Dakar éteintes. Lui, c'est Benoît Lavigne, un des logisticiens d'Overdrive. Originaire de Bayonne, ce Français de 38 ans bosse pour Overdrive depuis 4 ans. "Je suis ici une bonne partie de l'année et mon boulot, c'est de faire en sorte que les autres puissent faire le leur sur place sans souci, sourit celui qui, pendant 10 ans, a bossé pour l'ASO, l'organisateur du Dakar. C'est Jean-Marc Fortin qui m'a repéré à la base. Et je l'ai suivi. Je ne regrette pas un seul instant mon choix. Aussi parce qu'il n'existe pas de structure pareille en France… "
Préparer les vêtements, affréter la nourriture, assurer la validité des visas et… le testing Covid-19 de chacun: c'est le job de Benoît. "Et j'ai déjà eu quelques frayeurs, sourit-il. Comme la fois où un des mécanos de Nasser al-Attiyah avait oublié son visa chez lui alors qu'il attendait son avion. Il m'arrive des fois de me réveiller la nuit et de checker que tout est en ordre. Dernièrement, un de nos gars qui devait aller à Dubai n'avait pas passé son test Covid. Il s'en est lui aussi rendu compte à l'aéroport. Ben, dans ces cas-là, tu rebondis et tu trouves une solution dans les deux minutes. Il le faut car les conséquences peuvent être lourdes…"


