Et la N-VA? On ne l'entend pas
Les négociations se poursuivent au fédéral. Mais le premier parti du pays reste fort discret. Et c'est plutôt logique...
- Publié le 11-07-2020 à 06h30

La N-VA, qu'elle soit considérée comme incontournable ou infréquentable, reste avec ses 24 sièges à la Chambre l'élément central de la coalition Arizona, que les négociateurs Egbert Lachaert (Open VLD), Joachim Coens (CD&V) et Georges-Louis Bouchez (MR) tentent de mettre sur pied.
Les principales interrogations, ces derniers jours, concernent l'adhésion ou non du sp.a et du cdH à cette formule à six partis. Les nationalistes flamands, eux, restent bien discrets. " La N-VA est très attentive à sa communication ou à sa non-communication. C'est une de ses marques de fabrique. On peut toujours en tirer des enseignements sur la situation en cours", explique Jérémy Dodeigne, politologue à l'UNamur.
Profil bas
La N-VA sort d'une séquence politique un brin compliquée, constate le politologue Pascal Delwit (ULB). "Il y a eu cette sortie de Gwendoline Rutten (Open Vld), fin juin, sur ce que tout le monde savait déjà: que la N-VA a vraiment envisagé de gouverner avec le Vlaams Belang en Flandre." Une offensive de cadres de la N-VA à l'endroit de l'ex-présidente des libéraux flamands s'en est suivie, "comme pour faire oublier le contenu de ses propos".
Autre bonne raison de faire profil bas: la N-VA n'est "pas sortie particulièrement grandie" de la crise sanitaire, qu'il s'agisse de quelques maladresses dans les déclarations de Bart De Wever, en tant que bourgmestre d'Anvers, ou d'errances dans la gestion du gouvernement flamand de Jan Jambon.
Un scénario favorable
Mis à part ces éléments conjoncturels, la teneur des négociations en cours s'avère plutôt favorable à la N-VA. "Elle n'a aucune raison de torpiller l'initiative", poursuit Pascal Delwit. En d'autres termes, un gouvernement qui inclurait les nationalistes, aux côtés de trois partis flamands et deux partis largement minoritaires dans le groupe linguistique francophone (14 sièges MR et 5 sièges cdH), voilà un scénario plus qu'acceptable pour le parti de Bart De Wever. D'autant plus, rappelons-le, qu'une série de pistes sans la N-VA ont déjà été explorées.
"L'Arizona, c'est à la fois une coalition plutôt favorable à la N-VA et une solution de la dernière chance. On peut aussi le voir comme une attitude de prudence", ajoute Jérémy Dodeigne.
En cas d'échec
Les négociations ne sont pas encore entrées dans le vif du sujet. Au moment venu, la N-VA aura l'occasion de s'exprimer plus ouvertement sur ses priorités, le cas échéant. "La timide ouverture du sp.a et du cdH rend le scénario "plausible", mais certainement pas encore "probable"", considère Pascal Delwit.
En cas d'échec des négociations, voire de retour aux urnes, cette discrétion pourra s'avérer payante sur plusieurs tableaux, selon Jérémy Dodeigne. En se tenant à distance, "la N-VA n'endossera pas une grande part de responsabilités si ça capote. Et elle n'aura pas non plus dû faire de compromissions sur le plan idéologique" dans le cadre de négociations sur un accord de gouvernement.
