Amay: Cathy Cabine Bio essuie la "purge" des événements de l'été

La société amaytoise locatrice de toilettes pour événements et chantiers paie un lourd tribut à la crise du coronavirus.

Amay: Cathy Cabine Bio essuie la «purge» des événements de l’été
Les célèbres toilettes resteront bloquées à Amay faute d’aller en festival. La perte des événements de l’été approche le demi-million d’euros pour Cathy Cabine Bio. ©Heymans

Implantée à Amay, la société Cathy Cabine Bio rachetée voici un an par le groupe WC Loc, accuse le coup de l'annulation des gros événements populaires jusqu'à la fin de l'été. Son parc de 2 500 cabines (répartis sur Amay mais aussi dans les dépôts de Thimister et Belœil) ne soulagera pas les centaines de milliers de festivaliers cet été. "On a un contrat avec les Ardentes, le Brussel Summer Festival, le grand prix de Formule 1 de Spa-Francorchamps, le festival de Chassepierre, la Foire agricole de Libramont. Tout cela est annulé, sans oublier les festivités du 15 août, les brocantes, fêtes locales, mariages et communions, regrette Michaël Sluse, le directeur général de WC Loc et Cathy Cabine Bio. Le manque à gagner est important, sans oublier, pour ne prendre que les Ardentes, la perte des centaines d'heures de travail de préparation en amont. Pour nous, la haute saison événementielle s'étend de fin mars à début novembre."

Selon certaines estimations, la perte actuelle pour Cathy Cabine Bio approche le demi-million d'euros alors que la société locatrice de toilettes s'était engagée dans un grand plan d'investissements pour renforcer et moderniser son parc de cabines avec des produits novateurs. "On a notamment fait l'acquisition de deux modules à deux compartiments séparés pour les femmes et les hommes, avec à chaque fois trois WC munis de portes en métal, des lavabos… On souhaitait acheter 40 nouvelles cabines haut de gamme pour les mariages et communion, de nouveaux containers douche, des WC pop-up à faible consommation d'eau, des toilettes sèches… Puis le Covid – 19 est venu tout ralentir."

Activité ralentie à 20% des capacités sur les chantiers

Quant à elle spécifiquement gérée par la société WC Loc, la location de toilettes pour chantier (70% du chiffre d'affaires de la société) a aussi été impactée par la crise sanitaire. "Là, ça redémarre depuis ce lundi, mais nous avons travaillé à 20% de nos capacités depuis l'arrivée de la pandémie en Belgique, rapporte Michaël Sluse. Nous sommes tributaires des chantiers. Cela a été très compliqué de travailler ces dernières semaines. Dans l'impossibilité de mutualiser nos trajets avec l'arrêt de nombreux chantiers, ils étaient moins rentables. Mais, nos clients toujours actifs étaient satisfaits qu'on maintienne nos services. Et ceux dont l'activité était à l'arrêt ont apprécié qu'on ne leur facture pas la présence de nos cabines déjà présentes vu qu'elles n'étaient plus utilisées et ne devaient pas être vidangées."

Ce gros coup de frein aux activités a contraint le directeur général à se séparer de deux des intérimaires qui, avec quelques indépendants, viennent compléter la force de travail des 19 employés et ouvriers de la société.

Les cabines peuvent être "améliorées" sur demande, moyennement paiement.
Les cabines peuvent être "améliorées" sur demande, moyennement paiement. ©Heymans

La crise du coronavirus n'a pas seulement pour impact de purger l'agenda estival de la société Cathy Cabine Bio désormais dans le giron du groupe WC Loc. De nouvelles exigences entourent désormais la mise en location de toilettes sur les chantiers dont la reprise s'amorce d'ailleurs depuis ce début de semaine, comme a pu le constater Michaël Sluse. "Nous recevons de plus en plus de demandes spécifiques en lien avec les précautions sanitaires à prendre pour la sécurité des ouvriers, explique le directeur général. Si bien qu'on a dû up-grader nos services dans certaines cabines que nous équipons de manière spécifique sur demande uniquement des clients."

Installation d'un lavabo, ajout d'un système pour conserver l'eau claire et apparition d'un distributeur de savon ou de gel hydroalcoolique font ainsi partie des améliorations apportées dans certaines cabines, moyennant frais supplémentaires évidemment. "On nous demande aussi de plus en plus des lave-mains autonomes. Nous en avions 24 en stock qui ne sortaient pour ainsi dire jamais. Depuis la pandémie, ils sont tous sur chantier. Et nous en avons recommandé 30. Il y a aussi un intérêt pour les sprays permettant de tuer les bactéries et virus. À son arrivée sur le chantier, l'ouvrier asperge les portes, les cadenas, les chasses et les lunettes du WC. Il doit laisser agir cinq minutes. Cela participe au sentiment de sécurité des ouvriers et ça rassure aussi notre personnel quand il va sur chantier", termine Michaël Sluse.

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