Asile et migration: l'UE dénonce le chantage aux migrants d'Ankara et veut "protéger ses frontières"
L'UE "rejette fermement l'usage par la Turquie de la pression migratoire à des fins politiques", dans une déclaration de ses ministres de l'intérieur mercredi, à l'issue d'une réunion d'urgence.
- Publié le 04-03-2020 à 21h37

Les 27 appellent également la Turquie "à mettre totalement en œuvre les dispositions de l'accord" de 2016 conclu avec l'UE à la suite de la crise migratoire de 2015.
Pour tenter d'obtenir le soutien des Occidentaux dans son conflit avec la Syrie, Ankara a ouvert ses frontières aux migrants qui se trouvent sur son territoire.
La Turquie nie utiliser les migrants pour "faire chanter" l'UE
La Turquie a rejeté les accusations de "chantage" proférées mercredi par plusieurs dirigeants européens qui lui reprochent d'ouvrir ses frontières aux réfugiés cherchant à gagner l'Europe.
"Nous n'avons jamais considéré les réfugiés comme un moyen de chantage politique", a assuré le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin lors d'une conférence de presse à Ankara.
"Notre objectif en ouvrant les portes n'était pas de créer une crise artificielle, de faire pression politiquement ou de servir nos intérêts", a-t-il affirmé.
Ankara, a-t-il souligné, ne veut pas forcer quiconque à rester en Turquie, qui accueille près de quatre millions de réfugiés, en majorité syriens.
"La capacité d'accueil de la Turquie a une limite", a-t-il ajouté en exhortant Bruxelles à tenir ses promesses, aux termes de l'accord que l'UE a conclu avec Ankara en 2016 pour contenir le flot de migrants.
L'UE "solidaire" de la Grèce
Les Européens ont affiché leur solidarité mercredi avec la Grèce et leur fermeté sur la protection des frontières pour empêcher le passage de milliers de migrants, lors d'une réunion d'urgence des 27 à Bruxelles.
"Le plus important maintenant est que l'on fasse en sorte que cette crise politique ne se transforme pas en crise humanitaire à long terme", avait déclaré face à la presse la commissaire Ylva Johansson, chargée du développement d'un nouveau pacte européen de migration et d'asile.
"Les frontières extérieures de l'UE ne sont pas ouvertes et ne devraient pas l'être", a estimé la commissaire suédoise, qui a insisté sans relâche sur la nécessité d'une solidarité sans faille pour aider la Grèce face à la "pression extraordinaire" qu'elle vit actuellement.
Les frontières extérieures de l'UE ne sont pas ouvertes et ne devraient pas l'être.
Le gouvernement français en particulier a dénoncé la décision du président turc Recep Tayyip Erdogan de laisser passer vers l'Europe les migrants présents dans son pays, afin d'obtenir un soutien européen en Syrie.
L'Europe ne "cèdera pas au chantage" migratoire exercé par la Turquie et ses frontières resteront "fermées" aux migrants envoyés par ce pays, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.
