"Keep on Toasting": le fritkot à bobos
Les camions fumant bon la cuisine de rue haute gamme, jusqu'ici, n'embouteillaient que les rues de L.A. ou de Paris. Mais avec "Keep on Toasting", Bruxelles a aussi son "foodtruck", son snack ambulant géo-localisable déclinant le croque-monsieur gourmet pour les accros à l'Ipad et les apôtres du bio.
- Publié le 17-12-2012 à 16h05

Il a des allures de marchand de frites, Jean-Baptiste Nyssen dans son gros camion estampillé "Keep on Toasting", garé à deux pas du Métro Tomberg. Sauf que lui, c'est du croque-monsieur qu'il cuisine, du croque de qualité, qui couve entre deux tranches d'épeautre des épinards frais, des carottes aigre-doux ou du chicon braisé. Le chef est toqué, formé aux fourneaux des grandes enseignes, Lola ou YuMe, et surtout, atteint d'une incurable bougeotte ; parfait donc pour importer le concept (évidemment) américain de la cuisine ambulante. "Je veux mettre mon expérience à la portée de toutes les bourses", explique le jeune Schaarbeekois. "Tous les chefs ont déjà revisité la carbonnade, mais aucun ne s'est confronté au croque-monsieur. C'est un classique qu'on n'avait pas encore sorti en rue, qui admet pourtant mille variations et est facile à manger". Voilà qui est fait. Version saine et bio. Option géo-localisation : amateurs et affamés peuvent repérer le combi via son site, Facebook et Twitter.
Dream = gare centrale
D'ailleurs, ça tweete. "Tomberg c'est le bout du monde. Dans le centre de Bruxelles ce serait bien". Pas faux. "Dream = gare centrale :-)", répond Jean-Baptiste Nyssen. Pourquoi il n'y est pas alors ? "Le commerce ambulant est archi-règlementé", explique le chef, dépendant des autorisations communales. "A Ixelles par exemple, ce commerce est interdit. Au mieux, je pourrais m'installer sur les marchés, comme à Flagey". Trois semaines qu'il est sur la route et le camion entend déjà déborder de Woluwe-Saint-Lambert.
Car le réveil à 5h30 et les paperasses administratives en valent la peine. "Keep on Toasting" est sans doute le premier d'une longue lignée de petits camions de food street de luxe. "Il y a une grande clientèle à conquérir, en marge des friteries et des vendeurs de durum le soir, en variation du sandwich traditionnel le midi". Puis l'investissement est limité au camion, il n'y a pas de loyer, tout juste une taxe de stationnement à payer, ça pousse à se lancer. Enfin, c'est dans l'air du temps, la tendance à la bonne-bouffe, au bio, aux réseaux sociaux. C'est presque de la cuisine interactive : "les gens me donnent leur avis, en direct, ou sur Facebook", sourit le chef, "On m'a demandé de faire un croque avec du fromage de Herve par exemple". Jean-Baptiste est conciliant, il module son menu, au gré des suggestions ou des occasions – il peut être présent pour tous types d'évènements. Il prend même les commandes par téléphone, pour que le monsieur du bureau d'en face ait un croque chaud sans se mouiller la cravate. Sûr que le soleil aidant, la baraque de Jean-Baptiste en croquera de plus en plus, des monsieurs.
