Prêt pour l'université ?

L'entrée à l'université ne se prépare pas seulement en achetant un ordinateur ou en dénichant un kot. Derrière cette étape se cache un défi plus vaste : aider son enfant à devenir autonome sans faire les choses à sa place. Une préparation qui peut commencer bien avant la rentrée.

Premiers pas vers l'autonomie étudiante.
Premiers pas vers l'autonomie étudiante. ©Shutterstock.

Pour de nombreux parents, voir leur enfant entrer à l'université est une source de fierté. C'est aussi le début d'un délicat exercice d'équilibriste. Comment continuer à accompagner son jeune sans le surprotéger ? Comment le préparer à gérer seul son quotidien tout en restant disponible en cas de besoin ? La tentation est grande de vouloir tout anticiper pour lui : les démarches administratives, l'organisation des études, le logement, les repas ou encore le budget. Pourtant, l'université marque précisément le moment où le jeune doit progressivement apprendre à voler de ses propres ailes. Et cette autonomie ne s'improvise pas du jour au lendemain.

L'autonomie se construit en amont

La meilleure préparation à l'université commence dès la rhéto, voire avant. Non pas en mettant une pression supplémentaire sur l'adolescent, mais en lui transmettant progressivement des compétences concrètes que l'école enseigne rarement.

Gérer un budget constitue un bon exemple. Un étudiant qui vivra en kot devra rapidement apprendre à distinguer les dépenses indispensables des achats impulsifs. Lui confier progressivement certaines responsabilités financières avant son départ peut s'avérer très formateur. Certains parents choisissent, par exemple, de lui attribuer un budget mensuel à gérer lui-même pour ses loisirs, ses vêtements ou certaines dépenses du quotidien.

C'est également le moment d'aborder des notions pratiques : comprendre une facture, respecter une échéance de paiement, comparer les prix, éviter les frais inutiles ou encore distinguer un besoin réel d'une envie passagère.

L'orientation mérite elle aussi d'être préparée. De nombreux étudiants découvrent trop tard que la filière choisie ne leur correspond pas. Participer à des salons d'information, assister à des cours ouverts, rencontrer des étudiants ou des professionnels permet souvent d'affiner son projet avant la rentrée. L'objectif n'est pas de choisir à la place de son enfant, mais de l'aider à se poser les bonnes questions : quelles matières lui plaisent réellement ? Quel mode d'apprentissage lui convient ? Quelle vie professionnelle imagine-t-il ?

Apprendre à gérer son quotidien

Pour beaucoup de jeunes, l'université coïncide avec une première expérience de vie loin du foyer familial. Cette liberté nouvelle est enthousiasmante, mais elle s'accompagne d'un grand nombre de responsabilités. Faire les courses, préparer ses repas, gérer son linge, prendre rendez-vous chez le médecin ou remplir des documents administratifs deviennent soudain des compétences essentielles.

Là encore, mieux vaut apprendre progressivement. Un parent qui prépare systématiquement tous les repas de son adolescent lui rend souvent un mauvais service sans le vouloir. En revanche, cuisiner avec lui, lui apprendre quelques recettes simples, lui montrer comment établir une liste de courses ou comparer les prix dans différents magasins constitue un investissement utile pour son avenir.

La santé mérite également une attention particulière. Beaucoup de jeunes découvrent rapidement qu'un régime composé de pizzas, de sodas et de repas pris sur le pouce finit par peser sur leur énergie et leur concentration.

Comprendre l'impact du sommeil, de l'alimentation et de l'activité physique sur le bien-être fait aussi partie de l'apprentissage de l'autonomie. Ce sont souvent des évidences pour les adultes, mais pas toujours pour des adolescents qui se sentent encore invincibles.

Bien sûr, les conseils parentaux tombent parfois dans l'oreille d'un sourd. Pourtant, même lorsqu'ils semblent ignorés, ils plantent souvent une graine qui germera plus tard, parfois au moment où le jeune en aura le plus besoin.

Accompagner sans prendre le volant

La frontière entre soutien et contrôle est parfois mince. Certains parents continuent à gérer les horaires, les travaux, les rendez-vous ou les échéances administratives de leur enfant comme lorsqu'il était en secondaire. D'autres, à l'inverse, coupent brutalement les ponts au nom de l'autonomie.

Entre ces deux extrêmes, il existe une voie plus équilibrée : celle de l'accompagnement.

Cela signifie aider son enfant à développer sa propre méthode de travail plutôt que lui imposer la sienne. Certains étudient mieux tôt le matin, d'autres en soirée. Certains retiennent davantage grâce à des synthèses écrites, d'autres grâce à des schémas ou à des groupes d'étude. Il n'existe pas de recette universelle.

Les parents peuvent également encourager leur enfant à apprendre à se connaître. A-t-il besoin de calme pour travailler ? Est-il plus efficace en kot ou à la maison ? Supporte-t-il les longues navettes quotidiennes ? Un emploi étudiant risque-t-il de compromettre sa réussite académique ?

L'un des plus beaux cadeaux que l'on puisse offrir à un futur étudiant n'est pas de lui éviter toutes les difficultés, mais de lui donner les outils pour les affronter lui-même.

Car la réussite universitaire ne dépend pas uniquement d'une étude assidue. Elle repose aussi sur la capacité à s'organiser, à prendre des décisions, à demander de l'aide lorsque c'est nécessaire et à assumer progressivement ses responsabilités. Autrement dit, à devenir adulte. Et cette transition se construit bien avant le premier cours en auditoire.

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